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Dolph se réveille et ne retrouve plus Paul, son chien. Il a beau le chercher dans chaque recoin de sa maison, de son jardin, Paul n'est plus là. Il se confie, désemparé, à son voisin qui lui annonce son départ immédiat, il ne souhaite plus vivre ici. Où va t-il ? Il ne le sait pas lui-même. C'est au tour de Victor son jardinier de débarquer alors que Dolph est en pleine conversation téléphonique avec la charmante Emma, une vendeuse de pizza, à propos de la signification du logo imprimé sur le flyer... Le non sens s'installe rapidement, dès la première seconde à vrai dire, pour nous balader dans ce qui semble être le rêve le plus absurdement extraordinaire qu'il soit. Rêve ou réalité, quoi qu'il en soit, le loufoque Master Chang semble pouvoir aider Dolph à retrouver son chien.

Quentin Dupieux impose encore une fois son style léché et décalé avec cette délicieuse comédie irrationnelle, tout en installant une ambiance limite angoissante pour le personnage principal à certains moments. Il retrouve ainsi Jack Plotnick avec qui il a déjà collaboré sur Rubber. Il est parfait en Dolph, le regard perdu dans ses pensées, en homme à la fois sûr de lui et désemparé par la perte de son chien. Il avait aussi tourné avec Eric Judor dans son premier long métrage Steack. On le découvre ici en jardinier opportuniste, parlant anglais avec un accent français minable ce qui renforce l'effet comique. Chacun des personnages apporte un charme étrange à cet univers surréaliste, du voisin qui n'arrive pas à admettre qu'il fait du jogging, aux collègues de bureaux qui travaillent avec rigueur sous une pluie battante, ou encore cet infame officier de police. Celui qui est le plus étrange de tous, c'est Master Chang, joué par William Fichtner, un énigmatique spécialiste en animaux domestiques qui a l'air d'en savoir beaucoup sur Paul...

Et bien sûr, Quentin Dupieux, c'est Mr Oizo. Il signe donc une bande originale parfaite, comme pour ces deux précédents long-métrages, cette fois-ci en collaboration avec Tahiti Boy. Il en sort un mélange inquiétant et doux à la fois qui s'accorde parfaitement avec l'ambiance du film.

N'ayez pas peur de tenter une expérience surréaliste au cinéma en allant voir Wrong (malheureusement peut joué en salle), surtout si vous aimez l'univers déroutant d'un David Lynch qui oserait faire une comédie.