Nath va au cinéma

20 août 2018

La fête est finie ★★

Premier long métrage de Marie Garel-Weiss, la scénariste et réalisatrice s'inspire en partie de sa propre histoire pour créer celle de Céleste et Sihem, décidées à arrêter les drogues, ou du moins contraintes si elles veulent survivre et reprendre une vie "normale" sans se voir exclues de la société. Jamais dans le sensationnel, d'une réalisation très naturaliste, La fête est finie reste sobre et franc face à cette histoire difficile, très sombre, mais qui sait garder une lueur d'espoir. 

J'avais d'abord repéré l'affiche dans le métro lors de sa sortie en février 2018. Elle m'attirait sans savoir quoi que ce soit sur l'histoire. Deux jeunes femmes qui ont l'air libre les cheveux au vent, et ce titre vibrant. Son sens, "La fête est finie", semble pourtant contredire les sourires au dessus. Les couleurs sont indisciplinées, comme ses héroïnes, il faut les réaligner, les corriger, pour revenir à quelque chose de plus sage. C'est ce que Céleste et Sihem devront vivre, les drogues les ont éparpillées, elles doivent se recadrer, laisser derrière elle une vie à multiples problèmes.

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Le scénario sonne juste mais a du mal à surprendre. On est dans un réalisme poignant, inquiet du sort des deux amies. Il n'est pas question de comprendre comment on tombe dans le tourbillon des drogues, mais du courage à s'en sortir, quand le manque pourrait facilement prendre le dessus. Le film est divisé en deux parties, d'abord le centre de désintoxication qui agit comme une claque et fait prendre conscience de l'enjeu personnel auquel doit faire face le patient, tout en mettant en valeur l'entraide dans un groupe. Puis le retour à la vie autonome qui fait ressortir les failles que le centre réussissait à canaliser. On n'est jamais sûr du sort de Céleste et Sihem, tout semble pouvoir basculer si vite, le moindre faux pas serait fatal. 
Les raisons pour lesquelles elles en sont là ne sont presque pas importantes. Ces sujets sont abordés mais jamais on ne les juge. Ce qui est fait est fait, c'est du passé et toute l'histoire se tourne vers leur avenir, quel qu'il soit. Céleste ne semble pas imaginer qu'il soit possible d'espérer mieux pour elle, alors que Sihem est prête à se relever. Elles se soutiennent l'une l'autre, comme deux sœurs qui se seraient trouvées dans leurs peines. Pourtant le passé est bien là, enfoui en elle, comme leur point faible, comme une plaie qu'il faut éviter de réouvrir.

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Le soutien est la clé de leur situation. On en voit à plusieurs niveaux. Elles se soutiennent l'une l'autre, mais ce lien est fragile, elles peuvent se redresser comme replonger ensemble. Leur relation est forte, leur amitié est belle, leur influence l'une sur l'autre peut générer le meilleur comme le pire. Puis il y a les personnes du centre dans lequel la discipline imposée n'est pas toujours facile à accepter. Le rôle du centre et sa méthode de groupe sont expliqués dans une scène primordiale, alors que Sihem et Céleste ne comprennent pas tout ce que ces efforts demandés pourraient leur apporter. L'un des soutiens qui semble le plus efficace est le groupe de discussion. Il implique d'y faire le premier pas, mais semble salvateur. Enfin, la famille est forcément abordée mais de manière plus éloignée. Souvent, il y a de la honte, de l'agressivité, de la tristesse. Les quelques fois où les héroïnes sont confrontées à leur famille sont des scènes extrêmement fortes et poignantes.
Les actrices Clémence Boisnard et Zita Hanrot sont remarquables. Elles jouent avec justesse et se complètent bien. Les rôles sont justement construits ainsi. Céleste est une grande gueule, très énergique, son comportement exubérant cache sûrement un gros manque d'assurance. Clémence Boisnard s'est très bien glissée dans sa peau, pour l'un de ses premiers rôles, elle exprime une sacrée énergie et a un regard captivant. Elle fait presque de l'ombre à Zita Hanrot, César du Meilleur jeune espoir féminin pour Fatima en 2016, dont le personnage est de toute façon plus effacé. Elle aussi est tout de même bluffante, par l'expression de cette rage et cette souffrance qu'elle garde en elle, cette fragilité qu'elle tente de masquer avec une fausse assurance. 

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La fête est finie, un titre lourd de sens, comme si le moindre amusement était fatal, n'est pas un film sur la drogue mais sur la difficulté du sevrage. À l'aspect documentaire, ce premier long métrage de Marie Garel-Weiss est poignant de bout en bout, assez stressant, il faut attendre la fin pour un peu de soulagement. Il a le mérite d'entretenir une certaine lueur d'espoir, même si parfois on a peine à croire que Céleste et Sihem s'en sortiront un jour pour de bon. 

Découvrez La fête est finie en DVD le 21 août, et déjà en VOD, édité par Pyramide Video dont vous pouvez suivre toute l'actualité sur son site et sa page Facebook.

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28 juillet 2018

La Ch'tite famille ★

N'ayant pas eu l'occasion de découvrir La Ch'tite famille au cinéma en février dernier, accueillie chaleureusement par le public me semble t-il, je me laisse tenter par l'opportunité de voir la dernière comédie de Dany Boon, sortie en DVD, Blu-Ray, VOD et achat digital depuis le 30 juin 2018. J'avais bien aimé Bienvenue chez les Ch'tis dix ans plus tôt, comédie qui avait donné à Dany Boon toute sa notoriété. Depuis, il a réalisé Rien à déclarer, Supercondriaque, RAID dingue, comédies populaires qui ont fidélisé son public, et je me surprends à n'en avoir vu aucunes. Présenté comme le "film le plus personnel" de Dany Boon (La voix du Nord) ou encore comme "irrésistible et plein de tendresse" (RTL), je dois avouer que je reste sur ma faim et ne retrouve pas le mordant et la vivacité découverte dix ans plus tôt.

Malgré un casting prestigieux, La Ch'tite famille peine à distraire. Dany Boon réunit Line Renaud, Valérie Bonneton, Guy Lecluyse et Pierre Richard pour se créer une bonne petite famille ch'tie, tout en ayant à ses côtés Laurence Arné, avec qui il a déjà joué dans Radin!, et François Berléand côté parisien. La faute à un scénario mal rythmé et jouant trop sur les extrêmes et les clichés. Beaucoup de gags sont lourds, qu'ils soient à répétition ou de situation, les jeux de mots souvent trop appuyés. Le film en patit et peine à faire réellement rire. On sourit d'un humour qu'on connaît, qui semble parfois réchauffé, mais rien ne surprend.

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D'un côté il y a Valentin et sa compagne Constance, célèbres designers au sommet de leur art, naviguant aisément dans le monde du luxe. Ils sont la caricature du bobo parisien, à première vue insupportables dans leur manière de se sentir supérieurs aux autres. Valentin renie ses origines du Nord et se fait passer pour un orphelin, sans quoi il n'aurait pu s'intégrer dans cette société mondaine, soit disant. De l'autre, on retrouve la petite famille ch'tie perdue au milieu de sa campagne, vivant entassée dans un bungalow, au parlé bien évidemment très local, avec forcément une enfant qui semble la seule lueur d'intelligence présente, mais qui doit assumer le prénom de Britney. Toujours en plein dans la caricature. Forcément, la rencontre entre les deux groupes va créer un choc des cultures... Caricature, quand tu nous tiens...

Quand on ressent le besoin de regarder la barre de durée du film, cela n'annonce rien de bon. Et quand j'ai compris que je n'avais vu qu'une petite demi-heure et qu'il restait encore une grosse heure, j'ai pris sur moi et je suis allée au bout de cette comédie qui manque grandement de vrais rebondissements (car des rebondissements il y en a, mais on les voit venir à des kilomètres) et d'un poil de suspense. La mise en place de l'intrigue arrive bien tard, il faut bien une quarantaine de minutes avant d'entrer dans le vif du sujet. Avant ça, on nous sert à grande louche une série de gags critiquant les objets designs souvent beaux mais pas toujours confortables et en parallèle, toujours avec peu de finesse, les maladresses des provinciaux qui débarquent dans la capitale.  

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Le personnage de Berléand (père de Constance) est tout ce qu'il y a de prévisible. Pierre Richard (père de Valentin) joue du Pierre Richard, du Grand Blond à foison, du maladroit en voici en voilà, ou quand Pierre Richard s'auto-parodie. Je ne connais pas l'accent ch'ti mais ici il semble forcé par tous ceux qui le pratiquent. Le couple Bonneton-Lecluyse s'en retrouve encore moins fins dans leurs dialogues aux jeux de mots très marqués, comme une blague avec un gros clin d'œil. Et puis Dany Boon, il navigue entre le comique et le sensible. Au début, il joue à fond l'air hautain avant de passer à l'innocence dans laquelle tombe son personnage et retrouver son fidèle accent ch'ti, et c'est dans ce registre qu'on l'attend finalement, sans en tirer le plaisir souhaité. 

Celle qui illumine le film est indéniablement Laurence Arné. Elle est la seule qui joue juste, sans en faire trop. Son personnage est extrêmement bien écrit pour une évolution subtile et pleine de surprises. Elle apporte de l'humour mais aussi de l'émotion à des moments parfois surprenants. Sa transformation est visible et apporte une vraie fraicheur au film qui sans elle se serait empêtré dans une série de blagues lourdes et attendues.

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Sans grande surprise, je peine à être convaincue par La Ch'tite famille qui comblera pourtant un public nombreux, certainement moins exigeant que moi. Même si l'esthétique de l'image est léchée, très belle photographie et générique d'ouverture très travaillé, cette comédie n'aura pas accompli son rôle de faire rire pleinement et manquera de surprises. Cela ressemble plus à une suite sans saveur de Bienvenue chez les Ch'tis, qu'à un film original. Le drame est d'ailleurs beaucoup plus présent, car au fond le film explore le thème des racines familiales, la recherche de soi. On frôle aussi la comédie sentimentale, et cette facette aurait pu être développée pour une meilleure mise en valeur, car c'est ce qui fonctionne le mieux et amène à la fois beaucoup de tendresse et des pointes d'humour plus subtiles et bien amenées par le duo Boon-Arné. Peut-être que Dany Boon a livré beaucoup de choses personnelles, mais il ne m'aura pas touché cette fois-ci.

Côté bonus du DVD, vous pouvez retrouver un bêtisier ainsi que des scènes coupées. Ces dernières n'auraient en effet pas apporté grand chose au film tel qu'il a été monté, mais c'est toujours intéressant de voir les aspects de l'histoire qui ont été exploités au tournage mais pas forcément utiles pour être intégrés au montage final.


Découvrez La Ch'tite famille en DVD, Blu-Ray, VOD et achat digital depuis le 30 juin 2018, édité par Pathé Distribution, dont vous pouvez suivre toute l'actualité sur son site et sa page Facebook.


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24 juillet 2018

Downrange ★★

Voilà un petit film qui sort directement en DVD et qui vaut la peine d'être vu par les amateurs de série B et série Z, les nostalgiques des films d'horreurs et slashers pour ado, ou tout curieux qui aime le faux sang. Downrange, réalisé par Ryûhei Kitamura, ne dure qu'une heure trente, mais ne laisse pas une seconde de répit. Pas assez qualitatif pour du grand écran, il l'est bien assez pour une bonne soirée pop corn avec supplément ketchup devant sa télé. 

Il ne faut pas s'attendre à grand chose, tout se joue dans l'ambiance suffocante instaurée dès la première minute. Je crois que j'ai aimé parce que Downrange m'a rappelé le plaisir que j'avais à regarder des films comme Souviens toi l'été dernier quand j'étais ado. Le scénario est très simple : des jeunes qui font du co-voiturage se retrouvent au milieu de rien sous une chaleur écrasante, un pneu éclaté. Les garçons se remontent les manches pour changer la roue, les filles tentent de trouver un peu de réseau pour se situer et voir s'il peut y avoir de l'aide aux alentours. La route est trop peu fréquentée pour attendre le passage d'une autre voiture. On entre dans le cliché, ce qui doit arriver arrivera... Rapidement, un personnage se rend compte que ce n'est pas un simple incident mais que quelqu'un a tiré volontairement dans le pneu. Le compte a rebours est lancé, les jeunes deviennent les proies d'un sniper invisible qui ne leur laissera aucun répit.

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Petit film certes, mais on ressent pas mal d'ambition. Les cadrages sont intéressants, le réalisateur tente de faire passer dans ses compositions d'image le tourbillon dans lequel ses personnages vont s'engouffrer. Ils sont pris au piège par un traqueur invisible dans un espace pourtant immense. Fuir au loin, vers les arbres ou un quelconque recoin à l'ombre en attendant des secours ou à la recherche de réseau pour les appeler pourrait être le premier réflexe mais le chasseur bien trop malin les en empêche et arrive à les contraindre à rester sur un petit espace. Le huis clos à ciel ouvert est créé. Le suspense est instauré. Une série de petits défauts sont néanmoins visibles, dans le jeu des acteurs ou le besoin de montrer à un moment donné le chasseur, ce qui n'est finalement pas nécessaire, le point de vue des victimes aurait suffit.

Le profil des personnages est attendu, mais les rôles sont un peu redistribués par rapport aux films d'il y a une quinzaine d'années (je n'ai pas d'autres repères, cela fait très longtemps que je n'avais pas regardé ce genre de film). Ils sont jeunes, ils n'ont pas forcément les bons réflexes, mais évidemment il y a parmi eux un expert en la matière qui sait analyser les réflexes d'un bon tireur. En suivant ses conseils, les survivants vont tenter de s'en tirer, ou plutôt de se protéger. La soif arrive vite, la panique doit être contenue tant bien que mal. Un petit changement par rapport à ce dont on a l'habitude, et qui reflète notre époque, est qu'ici nous ne sommes pas en présence d'amis, mais de co-voitureurs. La présence du téléphone portable, qui se transforme en objet du dernier SOS après être celui de la coolitude et du partage de photos et de souvenirs funs, est primordiale. Les jeunes ne se connaissent pas et vont devoir tout à coup coopérer. Certaines de leurs réactions sont risibles, mais on reste avec eux, on a aussi envie d'y croire. Bien évidemment, il y a des pertes et selon la sensibilité du spectateur, on peut en rire ou être effrayé par la violence gratuite qu'on nous sert.

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Vous aimez le faux sang et les trucages un peu dégueu de série Z ? Bienvenue dans Downrange ! J'aime quand on fait avec les moyens du bord et qu'on surjoue le côté gore pour en mettre plein les yeux quand on n'a pas accès à des effets visuels réalistes. Ici, on a utilisé du faux sang à foison et même une cervelle écrasée ressemble à une boite de cassoulet renversée. On a des membres éclatés ou écrasés, c'est bien dégueulasse, on ressent du dégoût, et pourtant ce n'est pas très réaliste. On passe facilement du "beurk" à la bonne rigolade car tout devient assez extrême. Évidemment, le bouquet final réunit tous les artifices pour nous en mettre plein les yeux et mettre un terme à tout cela de manière assez surprenante et brutale, on a envie d'applaudir qu'une telle cruauté puisse avoir tenu en haleine sur tout le film.

Surprenant par son jusqu'au-boutisme et la composition créative de ses plans, Downrange n'est pas un chef d'œuvre du gore mais a le mérite de divertir et de faire réagir avec un scénario simple mais efficace qui arrive à recréer l'ambiance d'un huis clos dans un espace pourtant très ouvert. On ressent un côté amateur chez ses acteurs ou un manque d'expérience, mais le plaisir est là au final tout comme les codes du film d'horreur sanglant, même si la fin est prévisible, son issue reste incertaine. Petit coup d'œil à l'affiche qui reflète finalement assez bien le film puisqu'on a ce cadrage chavirant, un montage visible avec du faux sang, mais aussi un petit défaut (voulu ou pas) d'une ombre inversée...


Découvrez Downrange en DVD et Blu-Ray le 25 juillet, édité par Wild Side dont je vous invite à suivre toute l'actualité sur leur page Facebook.


Envie d'encore plus de frissons ? Cinetrafic vous propose une liste de films pas loin de l'horreur pour vous concocter un programme à ne pas fermer l'œil de la nuit. Sinon, pour toujours plus de plaisir, des films à voir et à revoir pas loin du film culte ou même du très culte !

22 juillet 2018

Au Poste ! ★★★

Quand je suis allée voir Au Poste ! au cinéma, j'ai beaucoup ri. C'est un film de Quentin Dupieux, c'est pour ça. Ceux qui auront vu le film comprendront cette première phrase, les autres je vous recommande chaudement d'y aller. Attention, ce n'est pas une comédie française comme on nous en sert régulièrement. Dupieux a un traitement de l'humour bien à lui, un univers personnel très surréaliste, subtil, épuré, qu'il exploite avec grand talent depuis Steak, son premier long métrage en 2007. 

Après une introduction peu banale, qui impose un ton décalé mais à la composition de l'image ultra-maîtrisée (j'ai trouvé cette ouverture d'une esthétique folle), on plonge sans retenue dans Au Poste ! pour 1h13 de folie pure. Huis clos passionnant s'offrant des bouffées d'air frais via l'utilisation de souvenirs, l'enquête que mène le commissaire Buron, campé par Benoît Poelvoorde toujours aussi incisif, semble pourtant évidente. Face à lui, Grégoire Ludig est parfait en témoin crucial, Fugain, qui semble pendant un long moment être le seul personnage à l'esprit sain. Tout mène à l'innocenter mais Buron doute, il veut le cuisiner, il est persuadé qu'il en sait plus que ce qu'il ne raconte, il est peut-être même le coupable parfait !

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Cette farce amuse par son énergie et ses rebondissements inattendus. L'histoire est très bien écrite et très bien traitée. Le peu d'espace qu'on nous offre dans ce bureau étouffant pourrait nous rebuter rapidement, et pourtant les situations surréalistes rendent chaque détail captivant. Les dialogues sont incongrus, offrent des jeux de mots et des discussions improbables. La narration des souvenirs est bien vue, ce n'est pas du simple flash back, c'est le récit filmé tel que s'en souvient le personnage, simplement génial.

Le pouvoir des mots avait été mis de côté par Quentin Dupieux dans ses précédents films. Basé à Los Angeles, il s'était forgé un cinéma où presque tout venait du visuel, de la splendeur de ses compositions à ses effets comiques. Il revient en France et exploite de nouveau la langue de Molière, rendant son œuvre un peu plus accessible par la même occasion. Il fait revivre l'esprit de la comédie française comme on ne la connaissait plus, en s'amusant avec ses flics et son témoin, jouant avec les mots sur des répliques savoureuses.

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Et puis il y a toute cette ribambelle de personnages secondaires dont chacun apporte un petit quelque chose indispensable comme la liste des ingrédients d'une recette de cuisine. A chacun sa saveur, à chacun son piquant. Mention spéciale à Marc Fraize qui obtient le rôle le plus loufoque et le plus stupide du casting pour une scène assez mémorable face à Ludig incrédule. 

Forcément, on se prend au jeu de l'enquête. Très vite, nous aussi on se met à douter sur l'innoncence de Fugain. On observe chacun de ses souvenirs, essayant de trouver l'erreur, la fourberie. Sans avoir hâte de mettre fin à cette histoire, on a envie de faire durer le plaisir, de se délecter de chaque détail. Le temps passe, trop vite, et on arrive au dénouement de l'enquête. Qui aurait pu deviner une telle issue ? C'est très malin, très très malin de la part de Dupieux qui prend tout le monde au piège. On en reste pantois, se refaisant tout le film pour comprendre comment on a pu en arriver là sans n'avoir rien deviné, c'est pour ça.

19 juillet 2018

La forme de l'eau ★★★

À sa sortie au cinéma en février dernier, j'ai plutôt été sceptique en découvrant La forme de l'eau, ne sachant pas vraiment me faire d'avis. À la fois émerveillée par l'univers visuel et déroutée par le ton du film, un nouveau visionnage en DVD cette fois-ci s'est imposé. Ainsi mieux préparée, j'ai pu re-découvrir le film de Guillermo del Toro, dont je connais étrangement peu la filmographie, pour mieux l'apprécier. Les bonus du DVD donnent d'ailleurs quelques clés sur la préparation du film.

Je m'attendais à voir un film fantastique plutôt sombre et j'ai découvert un conte léger, à l'image de son héroïne généreuse, optimiste et un peu candide. Forcément, les couleurs, la musique et pas mal de détails de mise en scène font extrêmement penser à l'univers de Jean-Pierre Jeunet : une héroïne habillée de rouge dans des décors plutôt verts, une musique joyeuse et poétique, des petites manies du quotidien, ou encore ce style de transition d'un plan à l'autre avec un effet de fondu dans l'eau. Il y a justement eu polémique à la sortie du film, Jeunet s'est exprimé et a trouvé beaucoup de points communs avec Delicatessen et Amélie Poulain. Je suis plutôt de son avis et cela explique aussi mon opinion mitigée. J'ai eu une impression de déjà vu qui m'a empêché de ressentir les émotions que cette histoire pourrait provoquer.

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Grâce aux bonus du DVD, j'ai compris que les couleurs du film et beaucoup de détails dans les décors ont un sens profond. Ainsi l'appartement d'Elisa par exemple est dans des teintes très aquatiques et présente même des salissures d'eau infiltrée qui forment sur un mur la vague d'Hokusai (je ne l'avais pas du tout perçu dans le film, c'est dire à quel point on peut s'amuser à scruter les détails du décor pour trouver ce genre de référence cachée). Chaque lieu a sa propre teinte et évoque un sentiment, une atmosphère bien spéciale. En fait, tout a un sens, de la musique d'Alexandre Desplat, décidément très inspiré par divers styles musicaux et cinématographiques dernièrement, aux costumes et bien évidemment la créature.

Derrière le monstre se cache Doug Jones, surtout connu pour son rôle du Surfer d'argent dans Les 4 fantastiques. Il a le physique parfait pour enfiler le costume de la bête sous marine, très grand, très mince. Il a étudié avec attention ses postures et la manière de se mouvoir car c'est son seul moyen d'expression. Le travail de métamorphose est extraordinaire. Aujourd'hui, pour ce genre de créature, on ferait plutôt appel au Motion Capture, à l'image d'un Gollum ou d'un singe humanisé. Mais Guillermo del Toro est attaché au costume, au vrai décor, et il a raison, l'acteur enfile une nouvelle peau pour se fondre avec son personnage. Les effets spéciaux viendront dans un second temps pour perfectionner ce qui n'est possible ni en maquillage, ni en trucage.

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La forme de l'eau est une histoire humaniste, le film met en valeur des minorités qui se révèlent, qui expriment du courage et de la générosité. Et puis les personnages sont assez extrêmes dans leurs genres. On a une muette, Elisa, l'héroïne jouée par Sally Hawkins, qui forme un duo avec la très bavarde Zelda, brillamment interprétée comme toujours par l'énergique Octavia Spencer. Jamais l'une sans l'autre à astiquer chaque recoin du centre de recherche, elles sont une sorte de Laurel et Hardy, tout semble les opposer et pourtant on ne peut pas les imaginer autrement qu'ensemble. Toutes deux sont mises à l'écart par la société, la première aillant un handicap qui l'isole socialement, la seconde est noire et au début des années 60 le racisme est omniprésent. Elisa a un ami, son voisin, lui aussi isolé par son homosexualité qu'il doit refouler. Ils vont alors s'unir pour tenter de sauver la créature, emportés par l'élan amoureux d'Elisa. Cet être aquatique est aussi seul, rejeté, marginalisé et imcompris par ceux qui donne le ton...

Ainsi la romance prend le dessus, de manière très mignonne, une sorte de La Belle et La Bête aquatique, dont le ton si surprenant de légèreté se voit bousculer par le grand méchant du film. Michael Shannon aime décidément les rôles bizarres, grognons et malsains. Il devient la pire caricature de l'homme américain de cette époque, macho, avide de pouvoir, devant se sentir maître avec la soumission qu'il inflige à sa femme comme à chacun de ses employés ou collaborateurs. Il est détestable et donc certainement le meilleur personnage de ce film. Il incarne le pire de l'Amérique, c'est lui le monstre finalement.

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Là où je pensais trouver de la noirceur et de la complexité, j'ai découvert un film simple, poétique et à l'esthétique très maîtrisée. Peut-être trop maîtrisée pour que La forme de l'eau soit parfait. Le monde du début des années 60 dans une Amérique en pleine conquête spatiale et compétition avec les Russes est reconstituée de manière qui semble fantasmée et surréaliste par del Torro. Ce conte fantastique reste un réel plaisir pour les yeux et les oreilles, sa fantaisie divertie tout en abordant de manière métaphorique et subtile le sujet de l'intolérance.


Découvrez dès à présent La forme de l'eau en DVD et Blu-ray, en vente depuis le 30 juin, édité par 20th Century Fox. Les actualité de l'éditeur son à suivre sur son site et sa page Facebook

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16 juillet 2018

Mission: Impossible - Fallout ★★★

De la série télévisée des années 60 à la franchise relancée par Brian de Palma en 1996, Mission: Impossible est aujourd'hui indissociable de Tom Cruise. L'acteur est Ethan Hunt, il ne l'interprète pas, il le vit. Son implication dans les cascades est époustouflante, ces dernières étant de plus en plus impressionnantes. Mission: Impossible - Fallout arrive sur les écrans français le 1er août, préparez-vous au grand spectacle. 

Si les films de la saga évoluent en bien au fil des années et des améliorations technologiques, la production n'a jamais effacé ni remplacé l'esprit original découvert dans les années 60. Une équipe de choc, prête à tout pour accomplir ses missions, tout en gardant un ton léger sur la mythique musique de Lalo Schiffrin. Cette identité musicale est la marque de Mission: Impossible, le thème accompagne avec toujours autant d'intensité chaque action, pour notre plus grand plaisir. 

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Mission: Impossible - Fallout exploite les failles de Hunt ou quand il faut choisir entre sauver ses proches ou l'humanité. Et même la décision qui semble la plus bienveillante peut avoir des conséquences désastreuses. Hunt et son équipe vont devoir se lancer dans une course contre la montre palpitante pour sauver le monde. Suite directe de Rogue Nation, ils se trouvent de nouveau confronté au Syndicat, terrible organisation terroriste dont le projet accentue l'aspect dramatique de ce film.
 
Encore une fois, Tom Cruise s'est lancé de nombreux défis en cascades en tout genre: courses poursuites, escalade, pilotage dangereux, on en prend plein les yeux. La logistique et l'entraînement ont pris plusieurs années avant d'être prêt pour le tournage. L'acteur intrépide s'est d'ailleurs blessé en sautant entre deux immeubles (et pourtant ce n'est pas le passage le plus impressionnant). Peut-être la plus folle est un saut en chute libre. Il semble réellement prendre des risques, et c'est peut-être ce qui participe au succès de cette saga qui ne s'est jamais essoufflée. Même si évidement les situations sont extrêmes, l'écriture de son personnage n'oublie pas qu'il vieillit. Ainsi, on découvre Hunt toujours aussi physique, mais il se relève moins vite après avoir pris de violents coups.

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Cruise est la star, mais le casting à ses côtés n'est pas dans l'ombre, loin de là. On a plaisir à retrouver ses acolytes Simon Pegg (Benji) et Ving Rhames (Luther), Rebecca Ferguson (Ilsa), tout comme découvrir Henry Cavill et sa moustache en agent de la CIA. Pour en revenir aux cascades, ce dernier a avoué avoir subi un entraînement bien plus difficile que pour son rôle de Superman. À l'écran cela se voit, l'implication des acteurs donne à leur personnage une allure réaliste où on ressent leur force, leur peine, leur souffrance. Durant les combats, la sueur est visible comme la marque des coups. Les chorégraphies sont bien réalisées, on est sans cesse au cœur de l'action. 
 
L'autre star de M:I6 est Paris. Le films se déroule dans plusieurs lieux, le plus emblématique étant la capitale française. On assiste à une course poursuite halletante, tournée en clin d'œil au court-métrage que Claude Lelouch a tourné en 1976, C'était un rendez-vous. On se ballade dans la plupart des lieux emblématiques de Paris (le Trocadero, l'Arc de Triomphe, le Grand Palais ou encore le Palais Royal) et dans d'autres moins connus mais parfaits pour ce film comme les tunnels du Canal Saint-Martin ou la Promenade René Capitan. Autre grosse scène d'action parisienne, un incroyable braquage de convoi blindé, tournant important du film, montre la qualité à la fois d'écrture des scènes d'action et d'organisation du tournage pour maîtriser le moindre détail.

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Pour ceux qui pensent avoir tout vu dans la bande annonce, en effet elle donne l'effet de comprendre énormément de choses, le film dure tout de même 2h40. Les quelques échantillons qu'on nous sert ne sont que le sommet visible de l'iceberg. Mission: Impossible est connu pour ses retournements de situation, on se fait avoir en permanence, le suspense est bien présent jusqu'à la fin. On peut tout de même reprocher quelques longueurs, même si le scénario est très riche en action.

08 juillet 2018

BlacKkKlansman ★★

Couronné du Grand Prix du dernier Festival de Cannes, Spike Lee frappe encore fort avec BlacKkKlansman pour dénoncer la condition des Noirs américains et plus largement toute forme de racisme dans la société. En choisissant de placer son histoire dans les années 70, à une époque où des émeutes éclatent aux États-Unis dans le but de lutter pour les droits civiques, il expose son héros intrépide au Klu Klux Klan tout en le faisant côtoyer de près les Black Panthers.

John David Washington (fils de Denzel) se voit coiffer d'une magnifique coupe afro pour camper Ron Stallworth, premier officier de police Noir américain de Collorado Spring. Il ne faut pas se laisser aveugler par sa démarche cool et son look ultra-stylé, il est un policier intègre qui veut s'impliquer dans son métier et se faire reconnaître comme bon officier avant tout. Mais il n'est pas facilement accepté par ses collègues, malgré le soutien de ses supérieurs. A force de montrer sa motivation, il ose contacter une branche du Klu Klux Klan, se faisant passer pour le pire Blanc américain bien raciste.

 

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La situation est vraiment drôle. Bien sûr, il doit se trouver un double blanc pour rencontrer sa cible et infiltrer le groupuscule. C'est le génial Adam Driver qui s'y colle, tout aussi cool. Le duo fonctionne bien, ils se complètent, le premier étant une vraie tête brûlée, le second plus réfléchi et calme, mais qui aime tout autant l'audace de la mission. Côté Klu Klux Klan, c'est une belle brochette qu'on nous sert aussi. Bizarrement, le petit chef du groupe, joué par Ryan Eggold a l'air sympa. Tout cela parce que le fou de service, interprété par Jasper Pääkkönen, se fait beaucoup remarquer par ses méthodes dignes des pires SS... 

Malgré son lot de situations hilarantes, ses cadrages construits pour participer à la narration visuelle, une musique d'époque très entraînante, BlacKkKlansman montre beaucoup d'inégalités. Alors que la mise en scène est en général bien maîtrisée, on se retrouve parfois avec des choses qui dénotent complètement visuellement : des visages hypnotisés par un orateur convainquant qui flottent dans le fond noir tel un clip un peu kitch d'époque, ou encore une sorte de travelling compensé qui fait très série B, qui passerait sans problème dans un film de Tarantino mais pas tellement ici. 

Autre effet râté, alors que l'intention avait un réel sens dans l'histoire, c'est lors d'une scène phare, on a un parallèle entre une cérémonie du Klu Klux Klan et une rencontre chez les Black Panthers. Ce qui aurait pu être lourd de sens se retrouve sans saveur et sans force. La tension monte beaucoup trop tard, la fébrilité que la scène aurait du produire s'évapore instantanément. Quelques points d'humour viennent tout de même la rythmer au moment où l'on n'en attendait plus grand chose, et heureusement l'action reprend pour se terminer sur une situation bien cocasse.

 

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Ma plus grosse déception viendra à la toute fin du film. Si vous voulez garder la surprise, sautez ce paragraphe. Alors que le film est basé sur l'humour, oui on rit quand même beaucoup, le ton léger dans lequel on nous a amené pendant près de deux heure est complètement anéanti en quelques secondes, au moment où le générique de fin devrait apparaître, on se retrouve pris au piège à devoir regarder une série de vidéos amateurs actuelles, filmées lors des manifestations à Charlottesville plus précisément. Je sais que Spike Lee est un réalisateur engagé, qu'il se sert du cinéma pour passer des messages politiques forts, mais si je vais au cinéma, ce n'est pas pour voir des images choquantes que j'essaie d'éviter sur les réseaux sociaux ou les médias. Car je sais faire la différence entre un mort dans un film, donc de la fiction qu'on raconte un fait réel ou non, et un mort dans la vie réelle. Mais voir un homme foncer avec sa voiture dans des gens innocents ou autres violences, je dis non. Je connais ces événements, et je pense avoir compris ce message dans le film sans qu'on ait à me matraquer le cerveau avec ce genre d'images. C'est vraiment dommage, j'avais plutôt aimé le film et sur ces quelques minutes interminables à la fin je me suis sentie piégée.

Évidemment, BlacKkKlansman n'est pas une simple fiction. L'histoire a beau se dérouler dans les années 70, les sujets abordés résonnent dans la société actuelle. On repère facilement de nombreuses critiques à la politique de Trump et des échos à ses propres paroles transposées dans la bouche des membres du Klu Klux Klan ou leur détracteurs. A voir pour la coolitude du duo John David Washington / Adam Driver et pour se délecter de situations qui font de beaux pieds de nez au racisme.

En salle de 22 août 2018.

06 juillet 2018

Rage ★★

Le cinéma russe est un grand inconnu pour moi. À part Leto de Kirill Serebrennikov que j'ai pu découvrir récemment, je n'ai aucune référence. Rage en est extrêmement différent, leur seul point commun est la présence d'Alexander Kuznetsov, acteur à la présence magnétique dans l'un et l'autre. C'est un film de genre, de série B même, qui malgré quelques défauts est plaisant à regarder. 
 
Très vite, l'esthétique et l'ambiance rappellent indéniablement la série Vikings : des clans, des combats sanglants et barbares, des vengeances, la présence des dieux et leurs manifestations mystiques... Les costumes, décors et accessoires sont de qualité, on est immédiatement plongé dans le passé. J'ai été plutôt dérangée visuellement par un filtre très présent, faisant un dégradé étrange dans le ciel partant d'un orangé vers un bleu. Cet effet me semble inutile pour une photographie qui aurait certainement pu mettre en valeur différemment le beau travail des décors, maquillages et costumes effectué sur le plateau.

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Ici, on se retrouve dans un tournant de l'Histoire, peu traité au cinéma il me semble, avec la disparition des Scythes. Les quelques clans qui restent s'affrontent entre eux, toujours en quête de pouvoir. C'est alors que Lutobor, un vaillant guerrier, voit sa femme et son nouveau né se faire enlever par une tribu ennemie à l'allure barbare. Il devra s'allier à son ennemi Weasel pour les sauver et affronter d'autres clans sur leur route...
 
L'histoire n'est pas compliquée, une quête pour sauver sa bien aimée, des traîtres au sein d'un clan, une alliance de deux guerriers ennemis, et beaucoup de combats (et donc de sang) pour rythmer tout cela. Le réalisateur Rustam Mosafir s'est d'ailleurs donné pour défi de tourner ces derniers en plans séquences. Il y arrive plus ou moins bien. Cela rend la caméra presque actrice des scènes, on tourne autour des personnages, on évite des coups, mais parfois les chorégraphies de combat embrouillent le cadrage trop serré qui rend l'action difficilement lisible. Cela est toujours mieux que les combats où l'on perçoit trop une chorégraphie mal jouée tenté d'être rattrapée par des effets de ralentis ou d'accélérés, au moins on ressent bien l'action et la fébrilité du moment.

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Une des forces du film réside dans le fait qu'il y ait une violence assumée. L'équipe ne s'est pas privée de profusion de sang, membres coupés et torture en tout genre. L'époque barbare est retranscrite telle qu'on se l'imagine, sans limite de vengeance et de justice, où le guerrier se bat sans retenue. Il ne tue pas, ils achève. En cela Rage est proche de Vikings, ou même Game of Thrones, mais aura moins de subtilité dans son scénario ou sa bande son. Les musiques sont ainsi très présentes et alourdissent les scènes d'action.
 
Rage reste un bon film à voir comme une "séance pop corn" du dimanche soir, de la même manière qu'on regarderait les productions américaines à gros effets spéciaux tape à l'oeil pour se délecter de l'action sans avoir à suivre un scénario trop complexe. Sanglant certes, mais divertissant tout de même

Découvrez dès à présent Rage en Blu-ray, DVD et VOD (sorti depuis le 4 juillet 2018) et toute l'actualité de Wild Side, qui en est l'éditeur, sur leur page Facebook.

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