Nath va au cinéma

09 octobre 2018

Le Grand Bain ★★★

Il y a des choses auxquelles on n'aurait jamais pensé : avoir envie de voir un film sur la natation synchronisée. Ce sport est pourtant assez fascinant, on l'aperçoit en général en zappant pendant les Jeux Olympiques, restant hypnotisé par cette justesse, ce rythme quasi militaire et cette capacité à évoluer avec tant de précision dans l'eau, le tout en groupe. Alors, quand on me propose de voir Guillaume Canet, Mathieu Amalric, Benoît Poelvoorde, Jean-Hugues Anglade et Philippe Katerine, pour ne citer qu'eux, s'essayer au ballet aquatique sous le coup de sifflet de Virginie Efira et Leila Bekhti, ça ne se refuse pas.

Première réalisation en solo pour Gilles Lellouche, Le Grand Bain ressemble à ce genre de comédie qui fait du bien en ce début d'automne. Le temps devient morose, l'air des vacances est bien loin, l'occasion de se détendre est bienvenue. Sans créer la grande surprise, le film nous embarque facilement dans l'aventure farfelue de ce club amateur de natation synchronisée masculine. Après une introduction bien menée, résumant le fond de notre société et la standardisation des genres, on découvre d'abord Bertrand (Mathieu Amalric très convaincant), père de famille dépressif. Il essaie de redonner un sens à sa vie, et choisit sans grande conviction d'intégrer ce club.

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Il rencontre alors Thierry (Philippe Katerine), certainement le plus enthousiaste et déluré de tous qui le présente au groupe : un père colérique, un chanteur raté, le radin arnaqueur, un jeune trop vieux pour obtenir un prêt, et Avanish (Balasingham Tamilchelvan) qui semble ne servir malheureusement qu'à être la minorité visible avec son gag à répétition. On fermera les yeux sur ce qui semble plutôt être un gros délire scénaristique sur le rôle de ce dernier. A les voir alignés au bord de la piscine, on peine à croire qu'ils prennent au sérieux leur activité, festival de ventres bedonnants et sens du rythme inexistant. Dans le vestiaire, l'ambiance est plutôt aux fins de soirées entre potes à refaire le monde. Puis en découvrant leurs vies, cela frôle presque le groupe thérapeutique, sans la natation synchronisée on aurait pu nommer le film 'Le club des dépressifs anonymes'.

Tout cela semble bien morose, et pourtant on se délecte de toutes leurs anecdotes, de ces situations bancales, parfois touchantes, parfois très amusantes.  La qualité des dialogues y est pour beaucoup, l'écriture est incisive, teintée de cynisme, et le jeu énergique. Les têtes d'affiche ne se font pas d'ombre, au contraire ils brillent tous. C'est juste un peu dommage pour le personnage joué par Alban Ivanov qui reste très en retrait et aurait pu être mieux développé. Mon coup de cœur sera pour Philippe Katerine, extraordinaire dans ce rôle, un peu fou-fou à l'image qu'on se fait de son côté chanteur, à qui ont fait dire les pires banalités et dans sa bouche c'est tout simplement magique.

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Ils ont beau galérer chacun à leur manière, la motivation dont ils peuvent tout de même faire preuve lors de leur cours rend leur vie incroyable. Entre moqueries de leur entourage, catastrophes chorégraphiques auxquelles on assiste durant leurs entraînements, tensions qui émergent au sein du groupe, ils gardent la tête haute et ne baissent pas les bras. Sans vous dévoiler leurs intentions, ce groupe fait penser à The Full Monty. Sans être similaire au film de Peter Cattaneo, les grandes lignes sont comparables. Mais Gilles Lellouche introduit en trame de fond un sujet très actuel, s'attaquant aux genres. Qui a décidé que la natation synchronisée serait un sport féminin ? Il n'est plus question de virilité mais de confiance en soi. En s'affirmant dans cette activité dénigrée, ils s'affirmeront dans leur vie tout court.

Ce qui fonctionne, c'est que cette comédie n'est ni calibrée, ni grand-guignolesque, elle est sincère. On nous sert des loosers ni plus ni moins, on pourrait aussi se moquer d'eux mais on va vite les adopter, l'ampathie nous submergeant. La différence vient aussi d'une réalisation énergique, aux cadrages expressifs, au montage incisif et la photographie vivante. Lellouche n'a laissé aucun détail de côté, mais s'est peut-être un peu trop emballé sur l'écriture de la fin de son film, un poil extravagante à mon goût, une issue plus raisonnable n'aurait enlevé en rien l'émotion gagnée jusque là. Accueilli chaleureusement à Cannes en mai dernier et lors des avant-premières déjà programmées depuis, Le Grand Bain est bien parti pour conquérir le public français. En salle le 24 octobre.


22 septembre 2018

Première année ★★★

D'un sujet très simple en ressort une grande histoire. Thomas Lilti connaît son sujet, lui-même médecin généraliste, il se lance ici dans la réalisation d'un quatrième long métrage retraçant la folle première année de médecine. Vincent Lacoste, qu'il avait fait tourner dans Hippocrate en 2014, retrouve William Lebghil avec qui il était déjà en duo dans Jacky au Royaume des Filles la même année. Une année de révisions intenses résumée en 1h32, on peut être retissant imaginant une monotonie du sujet et il n'en est rien.

Le réalisateur scénariste nous plonge dans un univers stressant avec un duo bien pensé. Benjamin découvre les amphithéâtres pleins à craquer quand Antoine y est familier puisqu'il tente de passer le concours pour la troisième année consécutive. Sa persistance est l'une des premières curiosités du film. Il connaît des astuces pour être bien placé, pour organiser les révisions, ses journées sont ajustées à la seconde près à un rythme militaire. Et pourtant, il n'arrive pas à être bien classé pour passer en deuxième année. Benjamin, on le découvre brièvement à la fin du lycée, face à une conseillère d'orientation optimiste sur ses choix de filières ouvertes après un bac S. Il optera donc pour tenter médecine, suivant les traces de son père chirurgien, qu'il aimerait rendre fier de lui. 

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Embarqués dans le même bateau, ou plutôt la même galère, Benjamin et Antoine vont se serrer les coudes et réviser ensemble. Ces deux personnalités se complètent mais leurs différences peuvent aussi créer des tensions. On ne les verra que réviser pendant tout le film, de la découverte dans quoi ils s'embarquent, à la quantité de sujets à retenir, au stress des examens blancs. Jamais on en a marre pour eux, on commence à s'inquiéter de leur rythme de vie comme les parents d'Antoine, on se demande comment Benjamin va survivre à cette année lui qui a l'air un peu à côté de la plaque. On rit un peu mais une tension s'installe en fond, comme cette boule au ventre qui commence à apparaître avant un examen.

Les liens que chacun entretient avec sa famille montre la grande différence de leur origine. Antoine veut absolument devenir médecin, c'est sa passion depuis son enfance. Il vient d'une ville de banlieue, ses parents sont modestes et le soutiennent dans la douleur. Benjamin vient d'une famille plus aisée, son père lui prend même une chambre de bonne juste devant l'école pour lui permettre de ne pas perdre de temps dans les transports. Et pourtant, derrière ce semblant de soutien émerge rapidement une pression familiale dure à supporter. En plus du papa, il a un grand frère qui réussit tout. Il se doit donc de réussir ce concours, sans quoi son père le prendra pour un crétin.

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Le duo Vincent Lacoste / William Lebghil fonctionne parfaitement. Leurs personnages sont bien écrit, leurs interprétations sont justes. L'ambiance prend parfois une tournure documentaire quand on passe en plan large et qu'on s'éloigne un peu des deux personnalités. Les amphithéâtres surpeuplés et la froideur du centre d'examen sont impressionnants. Évidemment Thomas Lilti a voulu utiliser les vrais lieux pour donner encore plus d'authenticité à son film, il en ressort une force indispensable. A cela s'ajoute le traitement psychologique des personnages qui en fait une fiction par la tension qui s'immice petit à petit dans le duo. 

Ce film témoigne de la folie d'un système obsolète, d'un concours dont le secret de la réussite est la maîtrise des codes et non de la compréhension des sujets abordés. On a mal aux cœur pour les sacrifices que ces jeunes doivent faire pour réussir, alors très vite l'ampathie monte et on ne veut pas les lacher en route. C'est avec passion qu'on vivra cette heure et demi de film, impatient de découvrir le résultat du concours, avec un soutien similaire à celui apporté par leurs proches.

30 août 2018

Le Monde est à toi ★★★★

En général, quand on attend beaucoup d'un film, il y a des risques d'être déçu. Ici ça a été mieux que ça, j'en ai eu plus que ce dont je pouvais m'attendre. Romain Gavras s'est éclaté avec son casting cinq étoiles à faire un film de gangsters modernes, tout aussi géniaux que loosers. Son héros ? François, petit dealer, dont le but n'est pas de devenir le plus gros caïd de sa zone, non, lui, ce qu'il veut, c'est sortir de tout ça pour distribuer du Mister Freeze au Maghreb... Tout simplement génial !

Avant d'aller voir Le Monde est à toi, je n'avais vu que l'extrait dans lequel Vincent Cassel se voit expliquer, au bord d'une piscine, hébété, la théorie du complot et la dominance des Illuminatis par deux jeunes bien perchés. Sans connaître les personnages à ce moment là, je me régalais déjà. Et puis il y a eu cette série d'affiches très attractives, présentant des groupes de personnages en V, avec le leader de chaque groupe au centre, qui donne envie de les découvrir, de savoir qui ils sont les uns par rapport aux autres, parce que ça en fait une ribambelle de personnages !

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Le scénario est intelligemment construit, il propose un bon développement de l'action comme de ses protagonistes. Rien n'est superflu, chacun a sa place et son utilité. Karim Leklou (Réparer les vivants) et Sofian Khammes (Chouf) seront des découvertes pour certains, des confirmations de talent pour d'autres. À leur côté, on redecouvre Isabelle Adjani parfaite et surprenante en mère chef de gang-pickpoket, on se délecte d'un Vincent Cassel complètement à l'ouest dans ses monologues surréalistes, on adore toujours François Damiens à l'exubérance borderline, pour ne citer qu'eux.  
 
On se fait facilement embarquer dans cette folle histoire. François est très vite attachant. On a beaucoup de curiosité sur ce qu'il est au fond de lui, sur son passé subtilement évoqué, et surtout sur son ambition d'être à la tête de la licence Mister Freeze au Maghreb ! On se retrouve face à une contradiction terrible : alors qu'il veut plus que tout se ranger pour vivre une vie tranquille et réfléchie avec ce projet, il va devoir accepter un plan qui pourrait l'envoyer au trou pour un bon bout de temps si ça rate... Au contraire, si cela fonctionne, ce sera son dernier gros coup, celui qui le libérera de sa misérable vie de petit dealer. Et forcément, il a beau être organisé, il a trop d'énergumènes imprévisibles à ses côtés, entre sa mère castratrice, son ex-beau-père déjanté, sa copine enflammée, ou les deux Mohammed prêts à tirer à la moindre tension... 

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L'histoire ne stagne jamais. On est beaucoup dans l'action, on nous offre ce qu'il faut d'émotion, Karim Leklou montre d'ailleurs une grande palette dans son jeu, parfois tête de mule, parfois amoureux, parfois humilié, parfois simplement triste ou stupéfait, ses regards en disent long, il dégage quelque chose d'intense. Il est peut-être le seul de qui on ne rit pas, les autres en revanche sont parfois tellement débiles, pathétiques ou surprenants qu'on en rit aisément. Attention, on n'est pas dans le gag bête et méchant. Des situations et des dialogues deviennent comique, on ne nous impose jamais le rire gras, tout vient naturellement et c'est fantastique. On ressent le même plaisir qu'en regardant un Audiard, du Tarantino ou des frères Coen. 
 
Et puis il y a cette esthétique. Romain Gavras, co-fondateur de Kourtrajmé, fils de Costa-Gavras, s'est déjà fait la main sur un grand nombre de court-métrages, clips et publicités ultra-stylés. Son premier long-métrage, Notre jour viendra, sorti en 2010, n'a pas enchanté les critiques malgré sa singularité. Et pourtant, ce réalisateur a son univers. Grâce aux contraintes des formats courts et commerciaux qui demandent à être créatif, pour cause de faible budget ou d'univers spécifique d'un produit, il a su aiguiser son sens esthétique qu'il sait parfaitement allier à la narration. Ainsi, il nous offre 1h40 de plans ultra léchés, aux compositions graphiques (ses plans qui rendent une façade d'immeuble immonde en objet architectural de musée, un bonheur pour les yeux), aux couleurs vives pour jouer en permanence avec l'esthétique kitch qu'il a choisi pour habiller son film. Il rend le kitch ultra classe, du buffet trop chargé en décoration au total look léopard, tout y passe et c'est beau. 

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Il a fait de la magie avec la bande son aussi. Comment enchaîner du rap, de l'electro et de la bonne vieille variété française et même internationale ? Et bien, de la même manière qu'il mélange Isabelle Adjani, Philippe Katerine, Vincent Cassel, Karim Leklou, Oulaya Amamra, François Damiens, Sam Spruell et tous les autres. Tel un chef d'orchestre, il a accordé tous ses instruments pour les faire jouer ensemble. Et ça sonne juste. La bande son passe de Booba à Sardou, de PNL à Toto ou encore de Jamie XX à Daniel Balavoine sans que cela choque. On se prendrait même au jeu du karaoké nous aussi !
 
On entend parler des comédies françaises, toutes finalement assez calibrées, chacune avec leur vedette comique. On commence à bien connaître la recette, et personnellement j'en ris de moins en moins, je finis par les bouder. Et puis Romain Gavras débarque avec ce film fou, mi-comédie, mi-action. On rit, on est pris en haleine, il prouve qu'on peut faire de belles comédies d'actions en France sans les moyen d'un Taxi 5 certainement. Le Monde est à toi, c'est un film où l'équipe s'est fait plaisir, et où le public devrait prendre aussi du plaisir. En tout cas, j'en ai pris, et j'ai déjà envie de le revoir. On veut d'autres films comme ça Romain Gavras !

23 août 2018

Carnivores ★★★

Jérémie Renier se lance dans la réalisation aux cotés de son frère Yannick avec Carnivores. Ils ont choisi Leïla Bekhti et Zita Hanrot pour incarner deux sœurs actrices, dont l'une est sous la lumière des projecteurs et l'autre est à l'affût du moindre petit rôle. On pourrait penser qu'il s'agit d'un écho à la propre vie des frères Renier, mais ceux-ci démentent la rumeur, puisqu'à la base ils pensaient même en faire une comédie, puis l'écriture du scénario les a conduit vers une histoire plus sombre et oppressante.

Pour un premier long-métrage c'est plutôt réussi. La photographie est léchée, l'esthétisme des plans donne du sens au thriller en faisant écho à la psychologie des personnages, tantôt ultra maîtrisé comme l'allure que se donne Mona, tantôt sombre telle la noirceur dans laquelle on nous amène, toujours dans cette froideur indispensable. Attention toutefois à regarder ce film sur un écran qui gère bien le noir, je l'ai malheureusement visionné sur un écran qui avait tendance à trop contraster, ce qui rendait l'image parfois illisible.

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Le son a sa part d'importance pour instaurer cette ambiance sombre et froide qui transforme le drame en thriller. La musique fonctionne bien, même si parfois elle vient un peu trop appuyer la tension de certaines séquences. La bonne idée est la minimisation des dialogues. Beaucoup de choses sont refoulées, surtout pour le personnage de Leïla Bekhti qui montre beaucoup de finesse dans son jeu en faisant ressentir toute l'étendue de son mal être seulement en une attitude et un regard profond, alors que celui de Zita Hanrot est plus extraverti et sensuel. Elles sont toutes les deux talentueuses.
  
L'écriture comporte quelques défauts mais c'est facilement pardonnable pour un premier film. On ne peut qu'approuver sa durée courte, 1h26, qui permet de ne pas s'étendre sur des détails inutiles pour se concentrer sur l'essentiel, tout comme le choix d'une fin un peu brutale. On reste ainsi sur une bonne impression après cette folle montée d'angoisse. Certes, on devine assez aisément la finalité de cette histoire bien qu'une autre issue n'aurait pas été satisfaisante. Tout le cheminement du début, dont l'introduction peut paraître longue, vient à construire cette issue inévitable, ce basculement de pouvoir, par un appétit en effet de plus en plus carnivore. Ce mot choisi pour le titre a un sens évident, celui d'une sœur effacée qui envie celle qui attire tous les regards, mais aussi la faim que provoque le Cinéma, ce milieu si impitoyable, qui happe celui qui ose y goûter.

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Les deux sœurs sont les pièces centrales du film, tous les autres personnages sont relégués à un plan vraiment secondaires. Le seul qui se fait remarquer est le metteur en scène tellement son écriture est caricaturale, au comportement manipulateur et détestable, tout comme le film qu'il tourne avec Sam, le parfait film d'auteur en noir et blanc aux dialogues imbuvables... Leïla Bekhti (Mona) crève l'écran et intrigue le spectateur. Quant à Zita Hanrot (Sam), ce rôle fait presque écho à celui qu'elle interprétera brillamment dans La fête est finie (tourné quelques mois plus tard), cette fois-ci en étant plus introvertie mais dans un état d'esprit tout aussi imprévisible. 
  
Le cinéma belge marque encore un point avec ce thriller bien mené. Il reste encore des choses à affiner pour obtenir un film vraiment surprenant comme éliminer les clichés et ficelles du genre, en tout cas Jérémie et Yannick Renier montrent un réel potentiel pour de futures réalisations prometteuses. 

Découvrez Carnivores en DVD, Blu-Ray et VOD le 22 août, édité par AB Video dont vous pouvez suivre toute l'actualités sur Facebook.

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20 août 2018

La fête est finie ★★

Premier long métrage de Marie Garel-Weiss, pour lequel la scénariste et réalisatrice s'inspire en partie de sa propre histoire pour créer celle de Céleste et Sihem, décidées à arrêter les drogues, ou du moins contraintes si elles veulent survivre et reprendre une vie "normale" sans se voir exclues de la société. Jamais dans le sensationnel, d'une réalisation très naturaliste, La fête est finie reste sobre et franc face à cette histoire difficile, très sombre, mais qui sait garder une lueur d'espoir. 

J'avais d'abord repéré l'affiche dans le métro lors de sa sortie en février 2018. Elle m'attirait sans que je sache quoi que ce soit sur l'histoire. Deux jeunes femmes qui ont l'air libre les cheveux au vent, et ce titre vibrant. Son sens, "La fête est finie", semble pourtant contredire les sourires au dessus. Les couleurs sont indisciplinées, comme ses héroïnes, il faut les réaligner, les corriger, pour revenir à quelque chose de plus sage. C'est ce que Céleste et Sihem devront vivre, les drogues les ont éparpillées, elles doivent se recadrer, laisser derrière elle une vie à multiples problèmes.

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Le scénario sonne juste mais a du mal à surprendre. On est dans un réalisme poignant, inquiet du sort des deux amies. Il n'est pas question de comprendre comment on tombe dans le tourbillon des drogues, mais plutôt de comprendre le courage qu'il faut pour s'en sortir, quand le manque pourrait facilement prendre le dessus. Le film est divisé en deux parties, d'abord le centre de désintoxication qui agit comme une claque et fait prendre conscience de l'enjeu personnel auquel doit faire face le patient, tout en mettant en valeur l'entraide dans un groupe. Puis le retour à la vie autonome qui fait ressortir les failles que le centre réussissait à canaliser. On n'est jamais sûr du sort de Céleste et Sihem, tout semble pouvoir basculer si vite, le moindre faux pas serait fatal. 
 
Les raisons pour lesquelles elles en sont là ne sont presque pas importantes. Ces sujets sont abordés mais jamais on ne les juge. Ce qui est fait est fait, c'est du passé et toute l'histoire se tourne vers leur avenir, quel qu'il soit. Céleste ne semble pas imaginer qu'il soit possible d'espérer mieux pour elle, alors que Sihem est prête à se relever. Elles se soutiennent l'une l'autre, comme deux sœurs qui se seraient trouvées dans leurs peines. Pourtant le passé est bien là, enfoui en elles, comme leur point faible, comme une plaie qu'il faut éviter de réouvrir.

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Le soutien est la clé de leur situation. On en voit à plusieurs niveaux. Elles se soutiennent l'une l'autre, mais ce lien est fragile, elles peuvent se redresser comme replonger ensemble. Leur relation est forte, leur amitié est belle, leur influence l'une sur l'autre peut générer le meilleur comme le pire. Puis il y a les personnes du centre dans lequel la discipline imposée n'est pas toujours facile à accepter. Le rôle du centre et sa méthode de groupe sont expliqués dans une scène primordiale, alors que Sihem et Céleste ne comprennent pas tout ce que ces efforts demandés pourraient leur apporter. L'un des soutiens qui semble le plus efficace est le groupe de discussion. Il implique d'y faire le premier pas, mais semble salvateur. Enfin, la famille est forcément abordée mais de manière plus éloignée. Souvent, il y a de la honte, de l'agressivité, de la tristesse. Les quelques fois où les héroïnes sont confrontées à leur famille sont des scènes extrêmement fortes et poignantes.
 
Les actrices Clémence Boisnard et Zita Hanrot sont remarquables. Elles jouent avec justesse et se complètent bien. Les rôles sont justement construits ainsi. Céleste est une grande gueule, très énergique, son comportement exubérant cache sûrement un gros manque d'assurance. Clémence Boisnard s'est très bien glissée dans sa peau, pour l'un de ses premiers rôles, elle exprime une sacrée énergie et a un regard captivant. Elle fait presque de l'ombre à Zita Hanrot, César du Meilleur jeune espoir féminin pour Fatima en 2016, dont le personnage est de toute façon plus effacé. Elle aussi est tout de même bluffante, par l'expression de cette rage et cette souffrance qu'elle garde en elle, cette fragilité qu'elle tente de masquer avec une fausse assurance. 

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La fête est finie, un titre lourd de sens, comme si le moindre amusement était fatal, n'est pas un film sur la drogue mais sur la difficulté du sevrage. À l'aspect documentaire, ce premier long métrage de Marie Garel-Weiss est poignant de bout en bout, assez stressant, il faut attendre la fin pour un peu de soulagement. Il a le mérite d'entretenir une certaine lueur d'espoir, même si parfois on a peine à croire que Céleste et Sihem s'en sortiront un jour pour de bon. 

Découvrez La fête est finie en DVD le 21 août, et déjà en VOD, édité par Pyramide Video, éditeur dont vous pouvez suivre toute l'actualité sur son site et sa page Facebook.

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28 juillet 2018

La Ch'tite famille ★

N'ayant pas eu l'occasion de découvrir La Ch'tite famille au cinéma en février dernier, accueillie chaleureusement par le public me semble t-il, je me laisse tenter par l'opportunité de voir la dernière comédie de Dany Boon, sortie en DVD, Blu-Ray, VOD et achat digital depuis le 30 juin 2018. J'avais bien aimé Bienvenue chez les Ch'tis dix ans plus tôt, comédie qui avait donné à Dany Boon toute sa notoriété. Depuis, il a réalisé Rien à déclarer, Supercondriaque, RAID dingue, comédies populaires qui ont fidélisé son public, et je me surprends à n'en avoir vu aucunes. Présenté comme le "film le plus personnel" de Dany Boon (La voix du Nord) ou encore comme "irrésistible et plein de tendresse" (RTL), je dois avouer que je reste sur ma faim et ne retrouve pas le mordant et la vivacité découverte dix ans plus tôt.

Malgré un casting prestigieux, La Ch'tite famille peine à distraire. Dany Boon réunit Line Renaud, Valérie Bonneton, Guy Lecluyse et Pierre Richard pour se créer une bonne petite famille ch'tie, tout en ayant à ses côtés Laurence Arné, avec qui il a déjà joué dans Radin!, et François Berléand côté parisien. La faute à un scénario mal rythmé et jouant trop sur les extrêmes et les clichés. Beaucoup de gags sont lourds, qu'ils soient à répétition ou de situation, les jeux de mots souvent trop appuyés. Le film en patit et peine à faire réellement rire. On sourit d'un humour qu'on connaît, qui semble parfois réchauffé, mais rien ne surprend.

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D'un côté il y a Valentin et sa compagne Constance, célèbres designers au sommet de leur art, naviguant aisément dans le monde du luxe. Ils sont la caricature du bobo parisien, à première vue insupportables dans leur manière de se sentir supérieurs aux autres. Valentin renie ses origines du Nord et se fait passer pour un orphelin, sans quoi il n'aurait pu s'intégrer dans cette société mondaine, soit disant. De l'autre, on retrouve la petite famille ch'tie perdue au milieu de sa campagne, vivant entassée dans un bungalow, au parlé bien évidemment très local, avec forcément une enfant qui semble la seule lueur d'intelligence présente, mais qui doit assumer le prénom de Britney. Toujours en plein dans la caricature. Forcément, la rencontre entre les deux groupes va créer un choc des cultures... Caricature, quand tu nous tiens...

Quand on ressent le besoin de regarder la barre de durée du film, cela n'annonce rien de bon. Et quand j'ai compris que je n'avais vu qu'une petite demi-heure et qu'il restait encore une grosse heure, j'ai pris sur moi et je suis allée au bout de cette comédie qui manque grandement de vrais rebondissements (car des rebondissements il y en a, mais on les voit venir à des kilomètres) et d'un poil de suspense. La mise en place de l'intrigue arrive bien tard, il faut bien une quarantaine de minutes avant d'entrer dans le vif du sujet. Avant ça, on nous sert à grande louche une série de gags critiquant les objets designs souvent beaux mais pas toujours confortables et en parallèle, toujours avec peu de finesse, les maladresses des provinciaux qui débarquent dans la capitale.  

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Le personnage de Berléand (père de Constance) est tout ce qu'il y a de prévisible. Pierre Richard (père de Valentin) joue du Pierre Richard, du Grand Blond à foison, du maladroit en voici en voilà, ou quand Pierre Richard s'auto-parodie. Je ne connais pas l'accent ch'ti mais ici il semble forcé par tous ceux qui le pratiquent. Le couple Bonneton-Lecluyse s'en retrouve encore moins fins dans leurs dialogues aux jeux de mots très marqués, comme une blague avec un gros clin d'œil. Et puis Dany Boon, il navigue entre le comique et le sensible. Au début, il joue à fond l'air hautain avant de passer à l'innocence dans laquelle tombe son personnage et retrouver son fidèle accent ch'ti, et c'est dans ce registre qu'on l'attend finalement, sans en tirer le plaisir souhaité. 

Celle qui illumine le film est indéniablement Laurence Arné. Elle est la seule qui joue juste, sans en faire trop. Son personnage est extrêmement bien écrit pour une évolution subtile et pleine de surprises. Elle apporte de l'humour mais aussi de l'émotion à des moments parfois surprenants. Sa transformation est visible et apporte une vraie fraicheur au film qui sans elle se serait empêtré dans une série de blagues lourdes et attendues.

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Sans grande surprise, je peine à être convaincue par La Ch'tite famille qui comblera pourtant un public nombreux, certainement moins exigeant que moi. Même si l'esthétique de l'image est léchée, très belle photographie et générique d'ouverture très travaillé, cette comédie n'aura pas accompli son rôle de faire rire pleinement et manquera de surprises. Cela ressemble plus à une suite sans saveur de Bienvenue chez les Ch'tis, qu'à un film original. Le drame est d'ailleurs beaucoup plus présent, car au fond le film explore le thème des racines familiales, la recherche de soi. On frôle aussi la comédie sentimentale, et cette facette aurait pu être développée pour une meilleure mise en valeur, car c'est ce qui fonctionne le mieux et amène à la fois beaucoup de tendresse et des pointes d'humour plus subtiles et bien amenées par le duo Boon-Arné. Peut-être que Dany Boon a livré beaucoup de choses personnelles, mais il ne m'aura pas touché cette fois-ci.

Côté bonus du DVD, vous pouvez retrouver un bêtisier ainsi que des scènes coupées. Ces dernières n'auraient en effet pas apporté grand chose au film tel qu'il a été monté, mais c'est toujours intéressant de voir les aspects de l'histoire qui ont été exploités au tournage mais pas forcément utiles pour être intégrés au montage final.


Découvrez La Ch'tite famille en DVD, Blu-Ray, VOD et achat digital depuis le 30 juin 2018, édité par Pathé Distribution, dont vous pouvez suivre toute l'actualité sur son site et sa page Facebook.


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24 juillet 2018

Downrange ★★

Voilà un petit film qui sort directement en DVD et qui vaut la peine d'être vu par les amateurs de série B et série Z, les nostalgiques des films d'horreurs et slashers pour ado, ou tout curieux qui aime le faux sang. Downrange, réalisé par Ryûhei Kitamura, ne dure qu'une heure trente, mais ne laisse pas une seconde de répit. Pas assez qualitatif pour du grand écran, il l'est bien assez pour une bonne soirée pop corn avec supplément ketchup devant sa télé. 

Il ne faut pas s'attendre à grand chose, tout se joue dans l'ambiance suffocante instaurée dès la première minute. Je crois que j'ai aimé parce que Downrange m'a rappelé le plaisir que j'avais à regarder des films comme Souviens toi l'été dernier quand j'étais ado. Le scénario est très simple : des jeunes qui font du co-voiturage se retrouvent au milieu de rien sous une chaleur écrasante, un pneu éclaté. Les garçons se remontent les manches pour changer la roue, les filles tentent de trouver un peu de réseau pour se situer et voir s'il peut y avoir de l'aide aux alentours. La route est trop peu fréquentée pour attendre le passage d'une autre voiture. On entre dans le cliché, ce qui doit arriver arrivera... Rapidement, un personnage se rend compte que ce n'est pas un simple incident mais que quelqu'un a tiré volontairement dans le pneu. Le compte a rebours est lancé, les jeunes deviennent les proies d'un sniper invisible qui ne leur laissera aucun répit.

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Petit film certes, mais on ressent pas mal d'ambition. Les cadrages sont intéressants, le réalisateur tente de faire passer dans ses compositions d'image le tourbillon dans lequel ses personnages vont s'engouffrer. Ils sont pris au piège par un traqueur invisible dans un espace pourtant immense. Fuir au loin, vers les arbres ou un quelconque recoin à l'ombre en attendant des secours ou à la recherche de réseau pour les appeler pourrait être le premier réflexe mais le chasseur bien trop malin les en empêche et arrive à les contraindre à rester sur un petit espace. Le huis clos à ciel ouvert est créé. Le suspense est instauré. Une série de petits défauts sont néanmoins visibles, dans le jeu des acteurs ou le besoin de montrer à un moment donné le chasseur, ce qui n'est finalement pas nécessaire, le point de vue des victimes aurait suffit.

Le profil des personnages est attendu, mais les rôles sont un peu redistribués par rapport aux films d'il y a une quinzaine d'années (je n'ai pas d'autres repères, cela fait très longtemps que je n'avais pas regardé ce genre de film). Ils sont jeunes, ils n'ont pas forcément les bons réflexes, mais évidemment il y a parmi eux un expert en la matière qui sait analyser les réflexes d'un bon tireur. En suivant ses conseils, les survivants vont tenter de s'en tirer, ou plutôt de se protéger. La soif arrive vite, la panique doit être contenue tant bien que mal. Un petit changement par rapport à ce dont on a l'habitude, et qui reflète notre époque, est qu'ici nous ne sommes pas en présence d'amis, mais de co-voitureurs. La présence du téléphone portable, qui se transforme en objet du dernier SOS après être celui de la coolitude et du partage de photos et de souvenirs funs, est primordiale. Les jeunes ne se connaissent pas et vont devoir tout à coup coopérer. Certaines de leurs réactions sont risibles, mais on reste avec eux, on a aussi envie d'y croire. Bien évidemment, il y a des pertes et selon la sensibilité du spectateur, on peut en rire ou être effrayé par la violence gratuite qu'on nous sert.

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Vous aimez le faux sang et les trucages un peu dégueu de série Z ? Bienvenue dans Downrange ! J'aime quand on fait avec les moyens du bord et qu'on surjoue le côté gore pour en mettre plein les yeux quand on n'a pas accès à des effets visuels réalistes. Ici, on a utilisé du faux sang à foison et même une cervelle écrasée ressemble à une boite de cassoulet renversée. On a des membres éclatés ou écrasés, c'est bien dégueulasse, on ressent du dégoût, et pourtant ce n'est pas très réaliste. On passe facilement du "beurk" à la bonne rigolade car tout devient assez extrême. Évidemment, le bouquet final réunit tous les artifices pour nous en mettre plein les yeux et mettre un terme à tout cela de manière assez surprenante et brutale, on a envie d'applaudir qu'une telle cruauté puisse avoir tenu en haleine sur tout le film.

Surprenant par son jusqu'au-boutisme et la composition créative de ses plans, Downrange n'est pas un chef d'œuvre du gore mais a le mérite de divertir et de faire réagir avec un scénario simple mais efficace qui arrive à recréer l'ambiance d'un huis clos dans un espace pourtant très ouvert. On ressent un côté amateur chez ses acteurs ou un manque d'expérience, mais le plaisir est là au final tout comme les codes du film d'horreur sanglant, même si la fin est prévisible, son issue reste incertaine. Petit coup d'œil à l'affiche qui reflète finalement assez bien le film puisqu'on a ce cadrage chavirant, un montage visible avec du faux sang, mais aussi un petit défaut (voulu ou pas) d'une ombre inversée...


Découvrez Downrange en DVD et Blu-Ray le 25 juillet, édité par Wild Side dont je vous invite à suivre toute l'actualité sur leur page Facebook.


Envie d'encore plus de frissons ? Cinetrafic vous propose une liste de films pas loin de l'horreur pour vous concocter un programme à ne pas fermer l'œil de la nuit. Sinon, pour toujours plus de plaisir, des films à voir et à revoir pas loin du film culte ou même du très culte !

22 juillet 2018

Au Poste ! ★★★

Quand je suis allée voir Au Poste ! au cinéma, j'ai beaucoup ri. C'est un film de Quentin Dupieux, c'est pour ça. Ceux qui auront vu le film comprendront cette première phrase, les autres je vous recommande chaudement d'y aller. Attention, ce n'est pas une comédie française comme on nous en sert régulièrement. Dupieux a un traitement de l'humour bien à lui, un univers personnel très surréaliste, subtil, épuré, qu'il exploite avec grand talent depuis Steak, son premier long métrage en 2007. 

Après une introduction peu banale, qui impose un ton décalé mais à la composition de l'image ultra-maîtrisée (j'ai trouvé cette ouverture d'une esthétique folle), on plonge sans retenue dans Au Poste ! pour 1h13 de folie pure. Huis clos passionnant s'offrant des bouffées d'air frais via l'utilisation de souvenirs, l'enquête que mène le commissaire Buron, campé par Benoît Poelvoorde toujours aussi incisif, semble pourtant évidente. Face à lui, Grégoire Ludig est parfait en témoin crucial, Fugain, qui semble pendant un long moment être le seul personnage à l'esprit sain. Tout mène à l'innocenter mais Buron doute, il veut le cuisiner, il est persuadé qu'il en sait plus que ce qu'il ne raconte, il est peut-être même le coupable parfait !

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Cette farce amuse par son énergie et ses rebondissements inattendus. L'histoire est très bien écrite et très bien traitée. Le peu d'espace qu'on nous offre dans ce bureau étouffant pourrait nous rebuter rapidement, et pourtant les situations surréalistes rendent chaque détail captivant. Les dialogues sont incongrus, offrent des jeux de mots et des discussions improbables. La narration des souvenirs est bien vue, ce n'est pas du simple flash back, c'est le récit filmé tel que s'en souvient le personnage, simplement génial.

Le pouvoir des mots avait été mis de côté par Quentin Dupieux dans ses précédents films. Basé à Los Angeles, il s'était forgé un cinéma où presque tout venait du visuel, de la splendeur de ses compositions à ses effets comiques. Il revient en France et exploite de nouveau la langue de Molière, rendant son œuvre un peu plus accessible par la même occasion. Il fait revivre l'esprit de la comédie française comme on ne la connaissait plus, en s'amusant avec ses flics et son témoin, jouant avec les mots sur des répliques savoureuses.

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Et puis il y a toute cette ribambelle de personnages secondaires dont chacun apporte un petit quelque chose indispensable comme la liste des ingrédients d'une recette de cuisine. A chacun sa saveur, à chacun son piquant. Mention spéciale à Marc Fraize qui obtient le rôle le plus loufoque et le plus stupide du casting pour une scène assez mémorable face à Ludig incrédule. 

Forcément, on se prend au jeu de l'enquête. Très vite, nous aussi on se met à douter sur l'innoncence de Fugain. On observe chacun de ses souvenirs, essayant de trouver l'erreur, la fourberie. Sans avoir hâte de mettre fin à cette histoire, on a envie de faire durer le plaisir, de se délecter de chaque détail. Le temps passe, trop vite, et on arrive au dénouement de l'enquête. Qui aurait pu deviner une telle issue ? C'est très malin, très très malin de la part de Dupieux qui prend tout le monde au piège. On en reste pantois, se refaisant tout le film pour comprendre comment on a pu en arriver là sans n'avoir rien deviné, c'est pour ça.