Dix sept ans après avoir enfilé les griffes de Wolverine dans le premier X-Men, Hugh Jackman tire sa révérence. Il aura su personnifier de manière très intense ce personnage fougueux, jusqu'à la dernière minute de Logan qui réveille à sa manière la franchise Marvel. En effet, dernièrement on ne voyait pas beaucoup d'évolution entre les différents volets des Avengers et autres, mais James Mangold a fait du bon travail en dépassant son précédent Wolverine : Le Combat de l'Immortel, qui manquait un peu de souffle.

Dans un futur proche, on découvre Logan affaibli, au volant d'une limousine. Il fait le chauffeur entre les États-Unis et le Mexique pour des fêtards ou hommes d'affaire. Étonnant pour une machine de guerre comme lui, il cherche à oublier son passé trop douloureux. Avec Caliban, ils vivent cachés dans un désert, et s'occupent du vieux professeur Xavier, à l'allure sénile. Une femme cherche à le contacter pour l'aider à sauver une jeune mutante pourchassée par une horde d'hommes dangereux...

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Pour se faire une idée du film dans son ensemble, il faut imaginer une sorte de Clint Eastwood, avec son allure la plus nonchalante, qui se retrouve avec la cousine d'Eleven de Stranger Things dans les pattes. Quand les méchants arrivent, ça se transforme en course poursuite à la Mad Max et après, leur but, c'est de retrouver les enfants perdus du pays imaginaire. Bon, ce sont les grandes lignes, mais franchement ça rappelle pas mal tous ces univers, avec une majorité de poussière et de sang tout de même qui nous plonge dans le film d'action, la fuite et le danger.

C'est assez émouvant de découvrir ce film et surtout l'état de Wolverine, quand on connaît l'état de santé de Hugh Jackman actuellement. L'acteur lutte contre un cancer et on découvre son personnage amaigri et aussi perturbé par un mal qui lui ronge l'intérieur. Les parallèles sont surprenants et donnent encore plus d'ampleur à Logan, car on n'est pas souvent habitué à voir un héros en si mauvais état. 

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L'autre surprise et l'humanité et le traitement du lien familial. Wolverine a toujours eu une tendance assez sauvage. Aujourd'hui, il se retrouve à s'occuper du professeur Xavier, avec le peu de moyen qu'il a, tel un fils qui prend soin de son père. Au fond, ce lien a toujours existé entre eux, mais dans Logan il est bien plus fort et poignant. Patrick Stewart est tout aussi émouvant que Hugh Jackman dans son jeu, leur duo est bien équilibré.

Ensuite, c'est la jeune Dafne Keen qui vient bousculer leur équilibre dans le rôle de Laura. Telle une petite sauvageonne, elle manque beaucoup d'humanité et est en état de survie permanente. A côté d'elle, Wolverine a l'air plus doux et mesuré alors qu'ils ont une férocité commune. Bizarrement, Laura a beau être l'une des seules présences féminines du film, elle est certainement la plus violente, c'est assez déroutant, surtout vu son âge. Ça surprend, et tant mieux.

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Par contre, là où on ne nous ébahi pas, c'est du côté des "méchant" un poil trop clichés. On ne peut que les appeler comme cela, des "méchants", de manière si basique, car ils débarquent en mode commando, avec celui qui est un peu mystérieux et celui qui est le stéréotype parfait du bad guy au profil de guerrier intrépide. Dommage qu'on n'ait pas eu plus de profondeur de ce côté là, un poil plus de complexité dans leur but, alors qu'ils offrent de temps en temps quelques éléments intéressants au scénario. 

Beau final tout de même pour Wolverine/Hugh Jackman qui serait capable de voler une larme à ces plus grands fans tellement on sent son implication et toute l'énergie qu'il a insufflé à Logan. Et en Imax, c'est encore plus grandiose. Aussi, il est le film de super-héros qu'on n'osait plus espérer, tellement Marvel restait dans son confort depuis qu'ils avaient trouvé la bonne recette du grand divertissement spectaculaire. Au moins Logan assume sa violence et sait apporter le brin d'humanité nécessaire.