Le voici celui que tout le monde attendait, le méchant Thanos, qui semble indestructible, va bien bousculer notre équipe d'Avengers déjà fragilisées depuis certains combats d'égos dans Captain America: Civil War. Pas évident de tout suivre, les films s'enchainent, les héros se multiplient et le calendrier des prochaines sorties ne cesse de s'allonger. Après avoir été très agréablement surprise avec Thor: Ragnarok puis dernièrement avec Black Panther, je reste un peu sur ma faim et accueille avec un peu moins d'enthousiasme cet Avengers: Infinity War.

Premier défi : construire un scénario qui se tient sans perdre les spectateurs en intégrant toute la pléiade de personnages Marvel. Il n'y a qu'à voir l'affiche, on dirait qu'on joue à 'Où est Charlie' tellement ils sont nombreux (s'il y en a que vous ne trouvez pas, c'est normal). Les frères Russo s'en sortent bien grâce à un scénario toujours aussi dynamique, toujours aussi fun (malgré la gravité de la situation) signé Christopher Markus et Stephen McFeely. Finalement, tout le monde trouve sa place, les personnages sont traités avec une équité logique, on nous amène dans différents lieux et des histoires parallèles se créent pour le même objectif, stopper Thanos.

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Deuxième défi : faire de Thanos un méchant que l'on craint, sans qu'il ne soit trop ridicule ou trop expéditif (#JusticeLeague hmmm hmmm). Alors, alors... Oui, certes, il est puissant, il est une réelle menace, il n'est pas juste là pour écrabouiller tout le monde et se marrer. Non, Thanos il veut sauver l'univers et d'après son analyse il faut éliminer la moitié de la population pour sauver les ressources et vivre en paix afin de rétablir un certain équilibre. Dans le fond, il n'a pas tord, on manque de ressource quand une planète est surpeuplée, de là à régler le problème de manière aussi expéditive que d'éléminer la moitié des habitants en un claquement de doigts, c'est clair qu'il faut en rediscuter...

Pour arriver à ses fins, il doit rassembler sur son charmant gant créé pour l'occasion les six pierres d'infinité, dispersées dans l'univers, dont certaines sont protégées par quelques uns de nos héros. Et bien, c'est là où je vais être un peu sceptique. Certe Thanos est très bien traité (je le rappelle, je n'ai pas lu les comics, mes références sont les seuls films que j'aurais pu voir précédemment, sachant que je commençais à être en over-dose jusqu'à la folie de Ragnarok qui avait réussi à regagner mon intérêt pour le genre), les différents héros cohabitent facilement, mais si on regarde bien, Thanos aurait pu expédier l'affaire en dix minutes. Bien que je n'ai pas vu les 2h36 passer, je me demande encore comment il a mis autant de temps pour entrer en possession des pierres (si cette information est un spoil, et bien, désolée...). 

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Je vois Thanos comme un chat qui aime jouer avec sa proie, qui prend un malin plaisir à la torturer. A voir la puissance du personnage, il pouvait écraser chaque Avenger en deux temps trois mouvements, mais alors quel serait l'intérêt du film si on n'offre pas au spectateur des combats épiques ! Je n'ai pas été très emballées par toute cette guerre, ce n'était pas aussi prenant que dans certains films précédents. La gravité de la situation y est certainement pour quelque chose, comme pour le moral de certains personnages d'ailleurs. Et c'est contrariant parce que d'un autre côté j'aime les voir galérer et se creuser la cervelle pour associer leur talent et tenter de stopper la catastrophe qui s'annonce.

Troisième défi : réussir à exploiter l'humour qui fait la touche de Marvel sans tomber dans la farce. Là, tout de même, il n'y a pas à dire, ils savent s'y prendre pour faire rire dans n'importe quelle situation ! Même au fin fond de l'espace quand tout semble perdu, on a droit au petit mot pour rire. Mention spéciale pour le dialogue entre Thor (Chris Hemsworth) et Eitri (Peter Dinklage en nain-géant, si si, ça existe chez Marvel), qui arrivent à faire rire alors qu'on devrait être ultra-angoissé au fond de son siège. C'est bien cela le rôle de l'humour, il détend le spectateur, et j'étais tellement détendue que je n'ai jamais eu peur pour un seul personnage, jamais été angoissé par l'issue d'un combat ou même ressentie une quelconque émotion. Il ne faut pas se leurer, il y a tout de même pas mal de dommages collatéraux, et bien ça ne m'a rien fait du tout, aucun chagrin, aucune frustration... J'ai suivi sans peine ce blockbuster divertissant, j'aurais même pu rester une bonne demi-heure de plus, j'ai pris ce qu'on m'a donné à voir jusqu'à cette fin qui est arrivée finalement tellement vite que je n'ai pas bien compris ce qu'on me montrait.

L'histoire continue pour les Avengers. Ce film confirme le fait que je suis beaucoup moins emballée par ce format que lorsqu'on se concentre sur un personnage (ou du moins une poignée car il est difficile de les isoler). Captivant, spectaculaire, mais j'ai manqué d'émotion. Pourtant, ça fonctionne, et on n'a bien envie de voir la suite prévue pour mai 2019 puisque ce film se termine sur une chose qui laisse finalement bouche bée.