David Lynch, soixante ans de carrière, près de quarante films et séries tournés, palmé et césarisé, il est pourtant aujourd'hui un cinéaste encore bien mystérieux. Les trois réalisateurs, Jon Nguyen, Rick Barnes et Olivia Neergaard-Holm, tentent d'entrer dans son univers avec cet entretien pour lequel il leur a fallu près de trois ans de tournage, rythme imposé par Lynch lui-même.

David Lynch se livre sur son enfance, sa jeunesse, sa découverte de l'Art et toute la passion et la dévotion qu'il lui dédie depuis. Installé dans son atelier de peinture, il partage ses souvenirs, entre longues anecdotes et silences illustrés par ses propres peintures. On découvre Lynch artiste, qui peint, écrit, réfléchit, mais peint surtout et encore. Il s'ouvre sur sa vie, par bribes, se referme parfois lorsqu'il aborde certaines histoires, on ne sait pas bien pourquoi, il entretient son propre mystère sans le faire exprès. C'est lui le chef. Il aurait pu se filmer tout seul, ce film c'est cent pour cent lui. Il n'y a d'ailleurs aucun autre intervenant que lui.

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Ce documentaire ne dure qu'une heure et demi, et pourtant il semble passer des heures interminables, comme si on était coincé dans une de ses œuvres cinématographiques à ne pas savoir où on nous mène. Sa voix toujours très calme, facilement soporifique, raconte une enfance heureuse, puis une rencontre qui lui a ouvert les yeux sur l'Art et sa vie d'artiste à Philadelphie. La peinture semble plus présente que le cinéma, à peine abordé, alors que les deux ne doivent pas exister l'un sans l'autre dans sa tête. On apprendra seulement ce qui aura été le déclic qui l'aura mené au septième art. Rien de bien fantastique, mais à ce moment là on aurait bien aimé continuer sur son œuvre cinématographique qui se développera après, dommage, ça s'arrêtera là.

La mauvaise idée aura peut-être été d'aller voir David Lynch: The Art Life un dimanche en début d'après-midi, en phase digestive. C'est un film qui demande beaucoup d'attention, d'écoute et de patience, mais qui peut s'avérer assez frustrant malheureusement.