Deadpool, c'est un peu mon plaisir coupable parmi tous les films de super héros récents. C'est sale, assumé et toujours aussi déjanté que le premier. Je n'ai pas pu le voir à sa sortie au cinéma en mai dernier, je me rattrape avec le Blu-Ray, qui plus est propose une version longue, soit un bon quart d'heure de scènes d'action et son lot de blagues supplémentaires. Ryan Reynolds s'approprie encore un peu plus son petit jouet puisqu'il se joint aux scénaristes du premier opus, Rhett Reese et Paul Wernick. A la réalisation, on retrouve David Leitch, habitué aux films d'action dans différentes fonctions. En effet il a été cascadeur, acteur, scénariste et a débuté sa carrière de réalisateur avec le désormais culte John Wick.

Il faut avoir aimé le premier pour apprécier cette suite, et encore plus la savourer. L'humour est tout sauf fin, ça peut paraître lourd mais c'est à l'image du personnage. Wade est loin de s'être assagi. Maintenant qu'il est habitué à son nouveau corps et à ses capacités physiques, il se permet tout et se donne littéralement en spectacle. L'ouverture donne le ton. En quelques scènes le film est lancé. L'introduction est très visuelle, il s'en prend à Wolwerine pour commencer, running gag indispensable, et continue avec un monologue posant les bases de l'histoire. On découvre ensuite Deadpool en mission, dézinguant tout un bataillon de mafieux durant des combats rappelant des films de kung fu et forcément aussi un peu Kill Bill. Le générique ne vient qu'un peu plus tard, parodiant amplement ceux de James Bond allant jusqu'à s'offrir une chanson de Céline Dion pour une ambiance parfaite. Le film offre encore sont lot de références au cinéma et à la culture pop en général, avec même un clin d'œil à La Reine des Neiges.

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Deadpool 2 ne laisse pas une minute de répits au spectateur. Quand ce ne sont pas des scènes de combat ultra chorégraphiées, et grandement maîtrisées grâce à l'oeil expert de David Leitch, on nous submerge de blagues. Deadpool parle beaucoup, même en voix off, même en pensées, et c'est toujours pour sortir une réplique bien grasse. Cela fatiguera certains, mais les fans du film sorti en 2016 s'en délecteront toujours autant voire plus. Ce deuxième film est plus abouti que le premier, encore plus assumé et même plus cool. L'écriture est fluide, on sent que les auteurs se sont amusés autant que les acteurs pour donner vie à tous leurs délires. Pour les connaisseurs, plusieurs visionnages seront nécessaires pour trouver tous les easter eggs, sinon un des nombreux bonus du DVD donne des pistes, dont une assez énorme à propos de Matt Damon !

Comme dit plus haut à propos des blagues sur Wolverine, Deadpool aime taquiner les X-Men, ils en prennent encore pour leur grade. Et il en vient à créer son propre groupe de justiciers, telle une énième parodie, pour lequel il ne s'est pas trop fatigué à trouver un nom original puisqu'il s'autoproclamme la X-Force. Ceci est l'une des plus grosses vannes du film, sans en dévoiler la supercherie, qui montre à quel point l'écriture est libérée et le ton assumé. Mais le plus surprenant est finalement de percevoir de manière flagrante l'humanité de Deadpool/Wade. Derrière son masque se cache un cœur bien humain, presque attendrissant, mais pas trop quand même. Ryan Reynold préfère dégainer ses punchlines, quitte à casser immédiatement le moindre instant sentimental, pour encore plus d'auto-dérision. C'est certain, il a trouvé son personnage et peut le faire évoluer à l'infini.

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Même s'il est très présent, il ne fait pas trop d'ombre à ses partenaires. Le plus plaisant à découvrir est Josh Brolin, qui prend décidément du plaisir chez Marvel en ce moment. Ici, il est Cable, une sorte de Terminator venant du futur pour éliminer un ennemi. Son personnage n'étant ni gentil ni méchant anime avec grand intérêt la narration. Chez les nouveaux, Zazie Beetz a du mordant et amuse en Domino, héroïne chanceuse. Quant au jeune Julian Dennison, il semble s'être beaucoup amusé à tirailler les sentiments de Wade en jeune mutant auto-nommé Firefist.

Présenté comme un film familial par Deadpool lui-même, il est quand même trop vulgaire pour les plus jeunes mais il est difficile de ne pas rire aux nombreux délires du scénario. D'ailleurs, une version édulcorée est sortie depuis le 12 décembre aux États-Unis et en Grande-Bretagne, Once upon a Deadpool, classée PG-13, remontée en supprimant les scènes les plus violentes et les propos les plus obsènes pour convenir à des oreilles chastes.

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Cette suite est certes moins surprenante que le premier film, mais toujours aussi délirante et très rythmée. Il faut bien sûr aller jusqu'à la fin, comme tout bon Marvel, pour découvrir quelques scènes supplémentaires hilarantes. Le coffret blu-ray contient donc le film dans sa version cinéma mais aussi en version longue pour un supplément de plaisir. Côté bonus, on est gâté, entre scènes inédites (dont une qui est la version longue de la scène post-générique, absolument géniale) et courts sujets thématisés, il y a de quoi passer un bon moment. A voir, et à revoir.


 Deadpool 2 est désormais disponible en DVD, Blu-Ray, Blu-Ray 4K, Steelbook, Édition limitée, coffret Deadpool 1 & 2, et en VOD depuis le 17 octobre. Édité par 20th Century Fox dont vous pouvez suivre toute l'actualité son site et sa page Facebook


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