Bel hommage aux pompiers et tous ceux qui ont vocation à sauver des vies qu'est le film de Frédédic Tellier. Mais que se passe t-il lorsque le héros ordinaire devient lui-même la victime d'un accident ? Pierre Niney est encore une fois fabuleux, et incarne avec force et émotion Franck, sapeur-pompier devant trouver la force de se reconstruire et accepter d'être sauver à son tour.

Sauver ou périr est un mélodrame inspiré de faits réels. C'est surtout le portrait de Franck, ce sapeur-pompier dévoué à son métier, amoureux de sa femme, ravi de devenir jeune père. Il a tout pour être heureux jusqu'au jour où il se retrouve dans un incendie ravageur et choisit de risquer sa vie pour sauver ses coéquipiers. Il se réveille dans un service de grands brûlés, comprenant qu'il ne pourra certainement plus revêtir son uniforme, et subir de longues étapes de soins pour son meilleur rétablissement.

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Le film prend du temps à démarrer par les redondances perçues dans son introduction. Les différents types d'interventions des pompiers parisiens sont énumérées, d'un réalisme saisissant, mais aussi le quotidien à la caserne. Le temps défile, Franck a des ambitions, on aime à découvrir tous les aspects de sa vie. En allant voir le film, à cause d'une bande annonce trop généreuse, on sait qu'il va avoir un accident. L'instant met du temps à arriver et pourtant, lorsqu'on y arrive, on ressent un peu de frustration liée à l'expérience de Franck sur ce type de mission. Le rythme est le principal problème du film, les choses prennent soit trop de temps, soit pas assez, tout en manquant de gros retournements émotionnels.

Au niveau de la reconstruction, le souvenir de Au revoir là-haut est encore frais, et la prestation de Nahuel Pérez Biscayart, tout comme l'écriture de son personnage est bien plus riche. Pierre Niney est pourtant loin d'être ridicule. Son implication est visible, physiquement puisqu'il a suivi un entraînement intensif pendant plusieurs mois, mais aussi dans son jeu toujours très juste. L'écriture de son personnage l'enferme dans un pathos larmoyant dès qu'il se retrouve coincé dans son lit d'hôpital. C'est à ce moment là que des similarités avec le film d'Albert Dupontel apparaissent, notamment avec l'utilisation des masques et l'attirance par la mort. Niney s'en sort grâce à une série de répliques profondes et fortes.

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La reconstruction se répercute bien évidemment sur le couple. Anaïs Demoustier est impécable bien qu'on aurait aussi aimé voir davantage son personnage dans ses moments de doute. Pourtant, la vie continue les mois durant lesquels Franck est isolé à l'hôpital, mais on ne nous le montre pas assez. Un parallèle de leurs combats respectifs aurait pu être intéressant. Car le personnage de Cécile aussi a été blessée et doit faire face à toutes ses responsabilités de mère, épouse, femme active... Elle n'est pas la seule qui aurait mérité un peu de place, l'infirmière jouée par Chloé Stefani, qui est une sorte de mentor et de soutien indispensable aurait pu avoir une place un peu plus important dans cette histoire.

Le film se divise en trois chapitres trop marqués : le pompier dans toute sa splendeur, la longue période de reconstruction physique et mentale, et enfin la romance qui essaie de reprendre vie. Ce qu'on retient de Sauver ou périr est tout de même que le pompier, même s'il incarne la force, le courage et le dévouement, sa propre vie est constamment mise en danger. Le film de Frédéric Tellier est toujours en salles, il est conseillé aux plus sensibles d'emporter des mouchoirs.