Le réalisateur de Love, Simon, Greg Berlanti, s'y connaît pour traiter de l'adolescence, des premiers amours et plus généralement de la quête identitaire. Il a en effet été producteur et scénariste de Dawson, Young Americans et Everwood entre autre. Très actif pour le petit écran, il est moins présent au cinéma mais signe cette année l'adaptation plutôt réussie d'un roman pour adolescents, Moi, Simon, 16 ans, Homo sapiens, de Becky Albertalli.

On découvre un casting frais de jeunes acteurs qui commencent à percer : Nick Robinson (Simon) aperçu en 2015 dans Jurassic World ; Keiynan Lonsdale (Bram) dans la franchise Divergente ; Katherine Langford dans la série 13 Reasons Why et Alexandra Shipp l'interprête de Tornade dans les derniers X-Men. Cette dernière est ultra naturelle et dégage quelque chose de très positif, dynamique et jovial qui participe à la bonne humeur du film. Nick Robinson est aussi bien choisi, il colle bien à son personnage au physique de beau gosse et toujours bienveillant. Le groupe qu'ils forment est attachant, ils évoluent dans un univers peut-être un peu trop édulcoré mais on se laisse facilement emporter par ce teen movie attendrissant.

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Le scénario répond d'ailleurs aux codes du genre avec les inévitables conversations de couloir de lycée, l'incontournable fête alcoolisée dans une immense villa, le proviseur un peu ringard, le camarade un peu lourd et collant et surtout la voix off qui reflète les pensées et questions existentielles d'un journal intime. Cependant le sujet principal de Love, Simon, la quête d'identité et l'annonce de son coming out, est abordé avec beaucoup d'intelligence, sans tomber dans le pathos et le cliché du personnage gay. On jongle entre bons moments entre amis, émotion et quelques instants drôles avec facilité. 

Simon est gay et le garde pour lui. Ce n'est pas la peur du regard ou le jugement des autres qui l'empêche de se sentir libre de faire son coming out mais plutôt de rompre les liens forts qu'il a avec ses proches. On voit à quel point il a une relation fraternelle avec ses amis, l'amour qu'il porte à ses parents et sa vaillante petite sœur semble pourtant inaltérable. Évidemment il se demande quelles seront leurs réactions quand il leur annoncera. La question devient plus pressente et primordiale lorsqu'il commence à échanger des mails avec le mystérieux Blue qui se pose exactement les mêmes questions que lui et pour qui il commence à éprouver des sentiments. Alors forcément, on se demande aussi qui est Blue et on se plaît à enquêter comme Simon.

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Les parents ont aussi un rôle important dans le film. Joués par Jennifer Garner et Josh Duhamel, ils sont un autre cliché qui reflète parfaitement l'introduction de Simon et la description de sa vie normale. Papa ancien quarterback qui aime taquiner son fils sur les filles, maman ancienne cheerleader aujourd'hui psy, on attend forcément avec impatience le moment où il leur annoncera qu'il est gay. On n'est pas déçu par le traitement du sujet et même très touché par cette scène primordiale.

Le teen movie Love, Simon se transforme en feel good movie tellement son sujet est abordé de manière si positive, cette légèreté bienveillante fait du bien. On peut le catégoriser en comédie romantique aux faux airs nostalgiques avec ses clins d'œil plutôt bien fait aux comédies musicales et sa correspondance épistolaire touchante. Cette année aura d'ailleurs été marquée par de bons films qui traitent de l'adolescence et sa quête de personnalité avec en tête GirlCall me by your name et Lady Bird.


Découvrez Love, Simon en DVD, Blu-Ray et VOD depuis le 31 octobre. Édité par 20th Century Fox dont vous pouvez suivre toute l'actualité sur son site et sa page Facebook.


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