Cette année, les frères Coen nous amènent visiter les studios hollywoodien des années 50. Ils s'offrent un casting de rêve avec, attention la liste est longue : George Clooney, Scarlett Johansson, Channing Tatum, Josh Brolin, Alden Ehrenreich, Ralph Fiennes, Tilda Swinton, Frances McDormand, Jonah Hill et même Christophe Lambert !

 

Petit résumé :
Eddie Mannix est le "fixer" des grands studios Capitole. Un "fixer" est la personne engagée par les studios pour gérer tous leurs problèmes lors des tournages, mais aussi en dehors, puisqu'il gère l'image des stars. Eddie ne compte pas les heures et s'investit à fond dans ses tâches, malgré quelques remords qui l'amène à se confesser assez souvent. En même pas 48h, on va découvrir toutes l'étendue de ses missions : sauver la réputation d'une starlette, gérer l'avis des communautés religieuses vis-à-vis de leur prochaine grosse production sur la Bible, le choix douteux des studios qui envoient une star du western dans un film d'auteur, mais surtout la disparition de leur acteur vedette enlevé par un groupe mystérieux qui réclame une grosse rançon... Et encore plus, le tout résumé en 1h40 hilarantes.

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Ce qui pourrait être une critique du système ultra capitaliste hollywoodien se transforme très vite en comédie mi-parodique, mi-pastiche, comme seuls Ethan et Joel Coen savent en faire, en hommage au cinéma des années 50, avec toutes ses stars glamours et ses super productions aux genres variés. On se ballade d'un plateau à l'autre pour découvrir le tournage d'un péplum, d'un western, d'un drame, d'une comédie musicale et même d'un ballet aquatique. Chaque rôle est fortement inspiré de stars de l'époque, alors qu'Eddie Mannix a lui vraiment existé. 

 

La multiplication des personnages fait perdre en intensité cette histoire délirante. On s'amuse tout de même à suivre chaque scénette qui nous offre un très beau travail de reconstitution des plateaux de tournage tout en présentant une sorte de parodie/hommage à chaque genre. Ave Cesar mélange aussi beaucoup de sujets sensibles de l'époque, sans vraiment les exploiter à fond : la guerre froide, la chasse aux communistes, la place de la religion dans les grosses production, et même peut-être l'homosexualité avec cette scène mémorable des marins...

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Le rôle qui est peut-être le plus intéressant à exploiter, et celui qui a l'un des meilleurs effets comiques du lot, est interprété par un des acteurs les moins (re)connus du fabuleux casting. Alden Ehrenreich joue Hobie Doyle, l'idole des westerns, beau gosse et bon chanteur. Quand les studios décident de changer son image, on se rend vite compte qu'à part manier du lasso, le garçon ne sait pas bien faire autre chose. C'est là qu'opère toute la magie d'Hollywood ! Je n'en dis pas plus pour vous laisser découvrir la suite, mais la scène qu'on aperçoit dans la bande annonce face à Ralph Fiennes est une pépite.

 

Certes pas le meilleur film des frères Coen, Ave Cesar restera dans les mémoires pour l'hommage plein de gags au grand cinéma de l'Hollywood des années 50.