Pour ceux qui connaissent le réalisateur sud coréen Sang-Ho Yeon, Dernier train pour Busan est la suite de son film d'animation Seoul Station. Toujours des zombies, mais cette fois-ci il choisit d'enfermer ses personnages dans un train pour un voyage effrayant de deux heures. Et c'est surtout son premier film en prise de vue réelle.
 
Le film de genre a vu de multiples adaptations ces dernières années, jusqu'à rendre le zombie à la mode avec la fameuse série The Walking Dead. A côté de World War Z qui avait créé l'événement à sa sortie, Dernier train pour Busan est finalement plus original et prend un peu plus de risques. Vu son tout petit budget, il n'est pas question de parcourir le monde à la recherche d'un éventuel antidote, ni d'énorme effets spéciaux à couper le souffle. 

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Lorsque le train quitte la gare pour rejoindre Busan, le virus a déjà atteint quelques personnes et certaines sont entrées dans le train, bien évidemment, sinon le film aurait peu d'intérêt. Les passagers vont devoir tout faire pour survivre, mais l'instinct de survie n'est malheureusement pas synonyme d'entre-aide ou de fraternité pour certains.
 
On peut penser à Snowpiercer pour le huit-clôt dans le train, le sujet des différentes classes sociale y est d'ailleurs abordé d'une certaine manière. Les personnes qui se retrouvent enfermées ensemble pour se sauver des zombies n'ont pas toutes la même vision des choses. Qui plus est, le héros du film est un père qui travaille trop, dans la finance, et dont la jeune fille aimerait le voir plus souvent près d'elle. 

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Certains personnages ont des facultés plus héroïque que d'autres et il est intéressant de les voir évoluer ensemble. Même si au final on retrouve quelques clichés "Kawaï" comme le joueur de baseball et sa petite amie à jupette plissée. La question se pose assez vite sur le sacrifice, qui doit survivre ? Est-ce le grand patron haut placé dans la société, la vielle dame ou la femme enceinte ? Tous ou personne ? Tout le suspense est là, et même si parfois on devine ce qu'il va se passer, quelques personnages vont surprendre par leur générosité ou au contraire leur égoïsme. Certaines personnalités d'abord très individualistes vont devoir apprendre à faire équipe pour survivre.
 
En tant qu'occidental, on peut être surpris par quelques passages à la sauce drama comme dans les séries coréennes, avec la musique qui s'y accommode bien, ayant tendance à édulcorer gentiment l'histoire à profusion de sentiments. Cependant, c'est assez nécessaire surtout pour l'histoire de ce père et sa mignonne petite fille à laquelle on s'attache vite. Le genre coréen a aussi tendance à rajouter quelques passages d'humour bienvenus, qui plus est bien traité par rapport à l'action.

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Justement, l'action est bien scénarisée. On pourrait imaginer que les scènes soient redondantes d'un wagon à l'autre. Et pourtant c'est ici que le réalisateur surprend en réinventant le genre fantastique dans ce presque huit-clos. Les figurants se mettent aussi dans la peau des zombies de manière très convaincante. Ils sont désarticulés et effrayants tels qu'on peut se les imaginer. Les bagarres sont pleines de suspense et créatives, sans oublier d'y intégrer un bon degré d'humanité et d'humour. Et qui plus est, l'esthétique est particulièrement bien travaillée.
 
Dernier train pour Busan n'est pas un simple film de zombies, il arrive à réinventer le genre d'une certaine manière tout en faisant la critique d'une société trop cupide pour s'intéresser à l'humain. C'est drôle et assez gore mais le mélodrame prend un peu trop le dessus pour en faire un vrai film d'horreur.