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N'étant pas familière du cinéma de Benoît Delépine et Gustave Kervern, c'est la bande-annonce introduisant Jean Dujardin en looser borné qui m'a rendu curieuse. Comédie sociale critique de notre société capitaliste, I feel good s'amuse de cet homme pathétique persuadé qu'il peut créer une start up lucrative en claquant des doigts, juste en potassant la biographie de Bill Gates. Il s'en dégage une authentique humanité, c'est assez drôle mais le film est vite plombé par son manque de rythme et sa redondance.

C'est dans un univers visuel très coloré que le duo grolandais nous embarque, fait de bric et de broc, mettant en avant toute la créativité et la débrouillardise qui émane d'un village Emmaüs dans le sud de la France. D'ailleurs le lieu existe et des bénévoles faisant partie de la vraie communauté ont participé au tournage. Les maisons du village ressemblent à leurs habitants, les ateliers redonnent vie à de nombreux objets, beaucoup de bienveillance s'en dégage dans une ambiance bon enfant à l'image de Monique qui gère tout cela, jouée par Yolande Moreau, très tendre et généreuse. 

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L'arrivée impromptue de Jacques, le frère de Monique, en peignoir et chaussons est plutôt désopilante. Ce qui devrait être un mea culpa et des retrouvailles familiales s'annonce comme une vaste farce. On apprend rapidement à connaître la nature profondément malade de Jacques en quelques dialogues et flash back, le personnage amuse et le fait qu'il se retrouve dans cette communauté portée par l'entre-aide et le respect amplifie encore plus son égoïsme. Dujardin est très convaincant, à la fois haïssable et fascinant.

Une fois le dessein de Jacques mis à jour, le film patauge un peu et tourne en rond. Le voyage vers la Bulgarie aussi improbable qu'il soit n'est pas convaincant, puis le film retrouve son originalité dans un final ubuesque. La musique vient redynamiser la narration par intermèdes réguliers, au son de l'accordéon et des percussions de Mouss et Hakim, les deux frères membre du groupe Zebda, jusqu'à la chanson finale très entraînante et joyeuse.

Benoît Delépine et Gustave Kervern font surtout une critique de la société macroniste actuelle avec I feel good, utilisant leur meilleure arme : l'humour. Ainsi, ils proposent une modèle économique parallèle avec cette communauté basée sur le partage et le respect de l'autre, en opposition à notre société trop individualiste qui prône la réussite personnelle et le besoin de devenir riche sans penser aux dommages collatéraux, tout en rendant aussi le modèle communiste obsolète.


I feel good est à découvrir en DVD, Blu-Ray et VOD depuis le 5 février. Édité par Ad Vitam dont vous pouvez suivre toute l'actualité sur son site et sa page Facebook.

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