Agréable surprise que la découverte de ce film. À sa sortie au cinéma en juillet dernier, je n'avais pas été très inspirée par la bande annonce d'À la dérive, il s'avère que je me faisais une fausse idée de cette histoire, un peu plus complexe qu'un simple film de survie. Le réalisateur Baltasar Kormákur aime adapter des histoires vraies quand cela aborde le dépassement de soi (Survivre en 2012 ou encore Everest en 2015). Il est servi ici avec cette incroyable mésaventure qu'a vécu Tami Oldham Ashcraft et son fiancé Richard Sharp, perdus en mer durant 41 jours en 1983.

Quand on pense à 'film de survie', il y en a à toutes les sauces : l'oppressant 127 heures, le poétique L'Odyssée de Pi ou le formidable Seul au monde. Lors de l'écriture du scénario d'À la dérive, Aaron et Jordan Kandell ont été appelés par Disney pour Vaiana. Bizarrement on retrouve un peu de l'esprit du dessin animé dans la force que trouve Tami pour s'en sortir. En effet, les deux héroïnes sont assez similaires dans leur témérité. 

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L'histoire est racontée de manière dynamique en jonglant entre l'avant et l'après. La scène de la tempête qui a fait chavirer le bateau viendra même tard dans le film puisque le point fort est plutôt de comparer la quiétude de l'avant face à la fébrilité de l'après. Les parallèles sont d'ailleurs bien menés en utilisant un détail dans le cadrage ou dans des accessoires, tels des activateur de mémoire. Des souvenirs, on n'en a gardé que le meilleur. Cela peut d'ailleurs rendre l'histoire mièvre en penchant un peu trop du côté comédie romantique. Pourtant le récit de cet amour flagrant est indispensable pour comprendre où Tami puise sa force.

Tout l'intérêt de ce film réside dans le mélange qui se crée de manière bien dosée entre le survival et la romance. Souvent, l'un ou l'autre prend le dessus, mais dans À la dérive les deux sont indissociables. Le duo entre Shailene Woodley et Sam Claffin fonctionne très bien. Les deux acteurs plaisent à un public jeune, et évoquent à la fois le romantisme et l'action, ils ont d'ailleurs chacun officié dans des franchises musclées, Divergente pour la première et Hunger Games pour le second.

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Quand la plupart des films se déroulant en mer sont tournés dans une piscine géante, Baltasar Kormákur a choisi de défier les éléments et tourner vraiment en plein océan Pacifique. Le résultat parait assez authentique en effet, surtout quand la caméra est au plus près des personnages, les suivant même dans l'eau. L'océan est à perte de vue et le bateau perdu au milieu. On sent presque le vent iodé et les embruns. Seule la tempête a bien sûr été recréée numériquement dans des studios en Nouvelle-Zélande. Même si elle est réaliste montant le stress à son comble, on peut reprocher une caméra un peu trop stabilisée dans l'ensemble lors de ce moment clé.

À la dérive comblera les fans de comédies romantiques qui aiment les histoires mouvementées, mais où l'amour est plus fort que tout. Cette histoire est éprouvante pour les personnages autant physiquement que psychologiquement. L'épreuve qu'ils ont traversé, et notamment Tami, est exceptionnelle et le film semble bien retranscrire tout ce qu'elle a pu ressentir durant ces semaines interminables. 


 Découvrez À la dérive en DVD, Blu-Ray et VOD depuis le 7 novembre. Édité par Metropolitan Filmexport dont vous pouvez suivre l'actualité sur leur site et leur page Facebook.


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