Entre 1942 et 1943, des centaines de milliers de juifs ont été exterminés dans le camp de Sobibor. En apprenant sa fermeture et le sort fatal qui les attendait à tous, des prisonniers ont organisé leur évasion. L'histoire est déjà écrite puisque adaptée de faits réels, ils seront seulement une quarantaine à survivre. Même si ce sujet précis n'a pas été beaucoup traité au cinéma, la deuxième guerre mondiale a déjà eu droit à son lot d'adaptations divers et varié. Konstantin Khabenskiy a t-il trouvé un nouvel angle de vision à exploiter ?

 
Malheureusement, Sobibor aura du mal à convaincre. Pourtant, la scène d'ouverture installe immédiatement une ambiance terrible en provocant une situation de malaise. Un train arrive en gare, des centaines de personnes affublées d'une étoile sur le bras descendent, un orchestre les accueille en musique, des soldats allemands leur donne des consignes et insistent sur la douche méritée qui les attend après leur long voyage. On redoute forcément cette douche, surtout quand on comprend que ces personnes ne savent pas ce qui les attend... 

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Puis la suite perd immédiatement en intensité quand passivité et routine s'installent. On aborde pourtant très vite l'idée de l'évasion, mais les rouages mettent vraiment longtemps à s'activer. Aussi, plutôt que de redouter le soldat allemand, on méprise plutôt son trait extrêmement grossi, telle une caricature du méchant nazi dégueulasse et sans scrupule, alors que les prisonniers sont fades, pourtant certains semblent avoir un passé qui mériterait d'être mieux développé. Oui les faits sont impardonnables mais les personnages, qu'ils soient prisonniers ou bourreaux manquent cruellement de nuances.
 
Il faudra attendre patiemment les 20 dernières minutes pour retrouver la tension et la fébrilité du début. D'abord le plan enfin exécuté ranime l'intensité de cette histoire. Puis la scène d'évasion s'offre un instant onirique pour finir sur une métaphore visuelle de la liberté. Tout ce qui se passe entre temps est une série d'humiliations difficilement supportables, soit par l'ignominie ambiante, soit par le caractère du méchant nazi, quel que soit le personnage, développé de manière trop ridicule. 

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Et puis il y a la présence de Christophe Lambert, en leader du camp, donc en allemand nazi... Drôle d'idée de lui proposer ce rôle, il passe plutôt bien physiquement, même s'il reste très statique, mais plutôt pour son parlé. J'ai eu l'impression qu'il a été re-doublé en allemand, le rendu sonore est vraiment bizarre. Son personnage est assez troublant, malsain, surtout dans son rapport avec les femmes juives.
Je ne retiendrai qu'une introduction saisissante de terreur et une fin qui offre trop tardivement ce qu'on attendait d'un tel film. La photographie est belle mais ne peut pas sauver un scénario trop lent et caricatural. 

Sobibor est disponible en DVD, Blu-Ray et VOD depuis le 7 novembre. Edité par Wild Side dont vous pouvez suivre toute l'actualité sur leur site et leur page Facebook.

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