Voilà un petit film qui sort directement en DVD et qui vaut la peine d'être vu par les amateurs de série B et série Z, les nostalgiques des films d'horreurs et slashers pour ado, ou tout curieux qui aime le faux sang. Downrange, réalisé par Ryûhei Kitamura, ne dure qu'une heure trente, mais ne laisse pas une seconde de répit. Pas assez qualitatif pour du grand écran, il l'est bien assez pour une bonne soirée pop corn avec supplément ketchup devant sa télé. 

Il ne faut pas s'attendre à grand chose, tout se joue dans l'ambiance suffocante instaurée dès la première minute. Je crois que j'ai aimé parce que Downrange m'a rappelé le plaisir que j'avais à regarder des films comme Souviens toi l'été dernier quand j'étais ado. Le scénario est très simple : des jeunes qui font du co-voiturage se retrouvent au milieu de rien sous une chaleur écrasante, un pneu éclaté. Les garçons se remontent les manches pour changer la roue, les filles tentent de trouver un peu de réseau pour se situer et voir s'il peut y avoir de l'aide aux alentours. La route est trop peu fréquentée pour attendre le passage d'une autre voiture. On entre dans le cliché, ce qui doit arriver arrivera... Rapidement, un personnage se rend compte que ce n'est pas un simple incident mais que quelqu'un a tiré volontairement dans le pneu. Le compte a rebours est lancé, les jeunes deviennent les proies d'un sniper invisible qui ne leur laissera aucun répit.

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Petit film certes, mais on ressent pas mal d'ambition. Les cadrages sont intéressants, le réalisateur tente de faire passer dans ses compositions d'image le tourbillon dans lequel ses personnages vont s'engouffrer. Ils sont pris au piège par un traqueur invisible dans un espace pourtant immense. Fuir au loin, vers les arbres ou un quelconque recoin à l'ombre en attendant des secours ou à la recherche de réseau pour les appeler pourrait être le premier réflexe mais le chasseur bien trop malin les en empêche et arrive à les contraindre à rester sur un petit espace. Le huis clos à ciel ouvert est créé. Le suspense est instauré. Une série de petits défauts sont néanmoins visibles, dans le jeu des acteurs ou le besoin de montrer à un moment donné le chasseur, ce qui n'est finalement pas nécessaire, le point de vue des victimes aurait suffit.

Le profil des personnages est attendu, mais les rôles sont un peu redistribués par rapport aux films d'il y a une quinzaine d'années (je n'ai pas d'autres repères, cela fait très longtemps que je n'avais pas regardé ce genre de film). Ils sont jeunes, ils n'ont pas forcément les bons réflexes, mais évidemment il y a parmi eux un expert en la matière qui sait analyser les réflexes d'un bon tireur. En suivant ses conseils, les survivants vont tenter de s'en tirer, ou plutôt de se protéger. La soif arrive vite, la panique doit être contenue tant bien que mal. Un petit changement par rapport à ce dont on a l'habitude, et qui reflète notre époque, est qu'ici nous ne sommes pas en présence d'amis, mais de co-voitureurs. La présence du téléphone portable, qui se transforme en objet du dernier SOS après être celui de la coolitude et du partage de photos et de souvenirs funs, est primordiale. Les jeunes ne se connaissent pas et vont devoir tout à coup coopérer. Certaines de leurs réactions sont risibles, mais on reste avec eux, on a aussi envie d'y croire. Bien évidemment, il y a des pertes et selon la sensibilité du spectateur, on peut en rire ou être effrayé par la violence gratuite qu'on nous sert.

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Vous aimez le faux sang et les trucages un peu dégueu de série Z ? Bienvenue dans Downrange ! J'aime quand on fait avec les moyens du bord et qu'on surjoue le côté gore pour en mettre plein les yeux quand on n'a pas accès à des effets visuels réalistes. Ici, on a utilisé du faux sang à foison et même une cervelle écrasée ressemble à une boite de cassoulet renversée. On a des membres éclatés ou écrasés, c'est bien dégueulasse, on ressent du dégoût, et pourtant ce n'est pas très réaliste. On passe facilement du "beurk" à la bonne rigolade car tout devient assez extrême. Évidemment, le bouquet final réunit tous les artifices pour nous en mettre plein les yeux et mettre un terme à tout cela de manière assez surprenante et brutale, on a envie d'applaudir qu'une telle cruauté puisse avoir tenu en haleine sur tout le film.

Surprenant par son jusqu'au-boutisme et la composition créative de ses plans, Downrange n'est pas un chef d'œuvre du gore mais a le mérite de divertir et de faire réagir avec un scénario simple mais efficace qui arrive à recréer l'ambiance d'un huis clos dans un espace pourtant très ouvert. On ressent un côté amateur chez ses acteurs ou un manque d'expérience, mais le plaisir est là au final tout comme les codes du film d'horreur sanglant, même si la fin est prévisible, son issue reste incertaine. Petit coup d'œil à l'affiche qui reflète finalement assez bien le film puisqu'on a ce cadrage chavirant, un montage visible avec du faux sang, mais aussi un petit défaut (voulu ou pas) d'une ombre inversée...


Découvrez Downrange en DVD et Blu-Ray le 25 juillet, édité par Wild Side dont je vous invite à suivre toute l'actualité sur leur page Facebook.


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