Le cinéma russe est un grand inconnu pour moi. À part Leto de Kirill Serebrennikov que j'ai pu découvrir récemment, je n'ai aucune référence. Rage en est extrêmement différent, leur seul point commun est la présence d'Alexander Kuznetsov, acteur à la présence magnétique dans l'un et l'autre. C'est un film de genre, de série B même, qui malgré quelques défauts est plaisant à regarder. 
 
Très vite, l'esthétique et l'ambiance rappellent indéniablement la série Vikings : des clans, des combats sanglants et barbares, des vengeances, la présence des dieux et leurs manifestations mystiques... Les costumes, décors et accessoires sont de qualité, on est immédiatement plongé dans le passé. J'ai été plutôt dérangée visuellement par un filtre très présent, faisant un dégradé étrange dans le ciel partant d'un orangé vers un bleu. Cet effet me semble inutile pour une photographie qui aurait certainement pu mettre en valeur différemment le beau travail des décors, maquillages et costumes effectué sur le plateau.

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Ici, on se retrouve dans un tournant de l'Histoire, peu traité au cinéma il me semble, avec la disparition des Scythes. Les quelques clans qui restent s'affrontent entre eux, toujours en quête de pouvoir. C'est alors que Lutobor, un vaillant guerrier, voit sa femme et son nouveau né se faire enlever par une tribu ennemie à l'allure barbare. Il devra s'allier à son ennemi Weasel pour les sauver et affronter d'autres clans sur leur route...
 
L'histoire n'est pas compliquée, une quête pour sauver sa bien aimée, des traîtres au sein d'un clan, une alliance de deux guerriers ennemis, et beaucoup de combats (et donc de sang) pour rythmer tout cela. Le réalisateur Rustam Mosafir s'est d'ailleurs donné pour défi de tourner ces derniers en plans séquences. Il y arrive plus ou moins bien. Cela rend la caméra presque actrice des scènes, on tourne autour des personnages, on évite des coups, mais parfois les chorégraphies de combat embrouillent le cadrage trop serré qui rend l'action difficilement lisible. Cela est toujours mieux que les combats où l'on perçoit trop une chorégraphie mal jouée tenté d'être rattrapée par des effets de ralentis ou d'accélérés, au moins on ressent bien l'action et la fébrilité du moment.

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Une des forces du film réside dans le fait qu'il y ait une violence assumée. L'équipe ne s'est pas privée de profusion de sang, membres coupés et torture en tout genre. L'époque barbare est retranscrite telle qu'on se l'imagine, sans limite de vengeance et de justice, où le guerrier se bat sans retenue. Il ne tue pas, ils achève. En cela Rage est proche de Vikings, ou même Game of Thrones, mais aura moins de subtilité dans son scénario ou sa bande son. Les musiques sont ainsi très présentes et alourdissent les scènes d'action.
 
Rage reste un bon film à voir comme une "séance pop corn" du dimanche soir, de la même manière qu'on regarderait les productions américaines à gros effets spéciaux tape à l'oeil pour se délecter de l'action sans avoir à suivre un scénario trop complexe. Sanglant certes, mais divertissant tout de même

Découvrez dès à présent Rage en Blu-ray, DVD et VOD (sorti depuis le 4 juillet 2018) et toute l'actualité de Wild Side, qui en est l'éditeur, sur leur page Facebook.

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