En 1997, choc pour le cinéma français : Luc Besson réalise un film de science-fiction à l'américaine. Je m'en souviens encore. J'étais au collège. Avec une copine, on connaissait tous les dialogues par cœur du Cinquième élément. A l'époque, j'adorais tout ce que faisait Besson. Après Jeanne d'Arc, côté réalisation, il m'a un peu perdu, par contre côté production on ne peut qu'honorer sa réussite pour avoir créé ses propres studios de tournage et faire vivre une grande partie de techniciens du cinéma français. Et voilà l'annonce qui tombe il y a quelques mois, Luc Besson va donner vie à la BD "Valérian et Laureline", son rêve depuis presque toujours. Forcément, cela a grandement éveillé ma curiosité.

Avant de voir le film, je tombe inévitablement sur des critiques assassines, forcément j'ai peur. J'ai lu quelques albums aussi, pour mieux comprendre l'univers, découvrir que beaucoup de films SF américains ont allègrement pompé sur toutes ces bonnes idées de personnages ou univers, dont Star Wars qui compte beaucoup de similarités avec l'œuvre de Christin et Mézières. Je me demande d'ailleurs comment Besson s'en sortira pour offrir des nouveautés visuelles sans avoir l'impression que ça ressemble à ce qui a déjà été fait.

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Et voilà ! Il l'a fait ! Heureuse de voir autant de noms français dans un générique de film de science-fiction (instant patriotique) je me dis que tout de même les journalistes sont durs ou bien quoi que fasse Besson ce sera qualifié de pire que mauvais et puis c'est tout. Non, non, ce n'est pas mauvais, c'est plutôt bon, certes loin d'être parfait. Visuellement, en tout cas, il n'y a pas grands chose à dire. Les effets visuels sont bien gérés, les univers sont riches et variés, plus qu'un Star Wars justement. On balade son regard agréablement pour essayer de découvrir des détails, pas mal de références au Cinquième élément sont là, mais je trouve ça plutôt sympa (avez-vous repéré la boutique Korben dans le grand marché ?). Le design des différentes créatures sont fidèles à la BD et les costumiers se sont bien amusés ! J'ai juste eu un petit soucis de 3D sur les plans larges dans l'espace, mais est-ce la salle dans laquelle j'étais ou un vrai soucis à dire, difficile à dire.

Après l'agréable surprise de la découverte de cet univers riche créativement tout au long du film, on peut en effet être déçu par le scénario. Le dénouement est prévisible, et la narration manque de surprise. Mais en soi, la recette n'est pas mauvaise, elle est juste déjà vue. Encore une fois, on retrouve pas mal de similarités avec le Cinquième élément, alors qu'on aurait aimé avoir un scénario vraiment plus original. Besson aurait peut-être du tenter de faire équipe avec d'autres scénaristes pour essayer de trouver un peu plus de fraîcheur, facile à dire... 

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Qu'en est-il du casting ? De même, je m'attendais à pire. Cara Delevingne a peu tourné et n'avait pas fait grand effet dans Suicide Squad. Et bien, elle correspond plutôt bien à Laureline, elle incarne bien la femme belle, à l'intinct sauvage et indépendante. Il suffit de lire le premier album de Christin et Mézières pour comprendre d'où elle vient et qui elle est. Je suis un peu moins convaincue par Dane DeHann quand on cherche à vraiment le comparer au Valérian de la bande dessinée. Je l'imagine plus virile, un peu plus vieux et au physique plus "carré" que ce que représente l'acteur. On ne peut tout de même pas dire qu'il joue mal. En tout cas leur duo fonctionne plutôt bien, on retrouve les taquineries et les jeux de séductions de la BD.

Je ne peux pas passer à côté de la présence de miss Rihanna. Sérieusement, j'ai du mal à comprendre la haine contre elle. Vous avez le choix entre une actrice qui doit prendre des semaines de cours pour jouer la danseuse de cabaret, et une chanteuse qui sait déjà très bien faire ça et, il faut le rappeler, elle joue déjà dans ses clips ! Donc, non, Rihanna ne dénote pas, elle est présente seulement pour une scène précise qui est l'une des plus marquantes et réuissie du film en plus ! Pour le coup, je trouve Clive Owen en commandant Filitt moins convaincant. Lui aussi manque de charisme et n'est pas assez menaçant. Puis il y a de petites surprises comme de petits rôles assez sympathiques pour Alain Chabat, Benoît Jacquot, Mathieu Kassovitz et Ethan Hawk.

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Malgré ses lacunes scénaristiques je soutiens ce film et espère voir une suite un de ces jours, meilleure bien évidemment, car un tel univers peut être exploité presque à l'infini. Pour les réfractaires à Besson (car beaucoup n'aiment pas ce film juste parce que c'est du Besson, sans objectivité donc), il faudrait au moins lire quelques albums de la BD pour mieux apréhender le monde infini de "Valérian et Lauréline". Je ne me remets pas d'avoir lu que ce film était creux et le pire de l'année. Qu'on me parle du scénario de Wonder Woman ou de La Momie, car on touche au vide intersidéral dans une bonne grosse partie des productions actuelles. Parfois, ça fait du bien de se divertir, et au moins, on n'est pas devant un film formaté de studio, mais devant un film de monsieur Besson, avec ses propres codes visuels et son amour pour un style années 80-90 que lui seul sait aussi bien mettre en valeur. Je salue sa persévérance et son ambition, on manque de réalisateurs/trices comme lui dans notre beau pays !