Voici sûrement le film le plus cool de l'été ! Le britannique Edgar Wright vient ajouter à sa déjà fameuse filmographie un petit bijou d'action au montage précis : Baby Driver. 

Dès la scène d'ouverture le film nous scotche et c'est parti pour près de deux heures d'action. Edgar Wright nous laisse à peine le temps de souffler mais on ne lui en voudra pas, on en voudrait presque encore, tellement le montage est parfait, tellement la musique nous donne envie de danser. Pourtant, des films à braquages, course-poursuite et autre gentil garçon qui voudrait revenir dans le droit chemin pour sa belle blonde, on en a déjà vu. Le premier, encore chaud, qui vient en tête c'est Drive. Puis il y a les classiques avec Clint Eastwood ou Steve McQueen.

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Le film de Refn se fait pourtant vite oublier, même si on a aussi un chauffeur peu bavard, le meilleur qui soit, et qui conduit pour des braquages. Baby Driver a sa propre identité avec un rythme bien pensé. Ce qui fait le succès de ce film est bien une particularité technique assez complexe. En général, les séquences sont montées sur le rythme des musiques choisies pour les illustrer. Ici, on prend la chose à l'inverse car la musique fait partie du personnage principal. Baby écoute sa playlist quasi en permanence, l'adapte selon son humeur, ses besoins. En résulte un travail millimétré entre Edgar Wright et son monteur Paul Machliss, intégré au projet depuis quasiment le début. Les scènes ont été tournées de manière à coller avec la musique. Autant dire que ce n'est pas banal que le monteur, qui intervient en général seulement en post-production, soit si important déjà au niveau de la prise de vue.

On a une sensation de fluidité de comédie musicale, la chorégraphie est moderne et bien rythmée. Il n'y a pas de temps mort. Même si on ne voit pas littéralement les personnages chanter ou danser, une grande partie de leurs mouvements ou de ceux de la caméra est chorégraphiée. Outre les courses-poursuites en voitures bluffantes, un plan séquence illustre très bien cela. Baby marche dans la rue, toujours au son de son iPod, et vie sa chanson. Le spectateur est plongé dans ce que ressent le personnage en permanence, on suit le rythme qu'il impose.

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Dans la filmographie du réalisateur, on remarque une certaine fidélité avec des acteurs comme Simon Pegg, Nick Frost ou encore Rafe Spall. Ici, il s'offre un nouveau casting, plus américain. Bien évidemment, le jeune Ansel Elgort fait sensation en Baby. Une belle carrière s'offre à lui s'il campe ses prochains personnages avec autant d'aisance. Mais celui qui est le plus saisissant est Jon Hamm en braqueur bad-ass fou de sa Darling. Il s'offre ici certainement son meilleur rôle depuis Mad Men. Il retrouve le charisme de Don Drapper mais en version plus trash et sans pitié. Il a d'ailleurs un instant "George Clooney" déconcertant le temps d'une scène, ceux qui verront le film comprendront.

Le reste du casting apporte aussi ses petites touches. Kevin Spacey, imperturbable, a droit à de bonnes répliques cinglantes. Jamie Foxx est plus fou que jamais. Eiza Gonzalez est la parfaite moitié ultra sexy de Buddy et tout aussi imprévisible que lui alors que Lily James apporte la fraîcheur nécessaire pour respirer un peu dans cette folle histoire tout en faisant basculer le cœur de Baby. 

Baby Driver est à voir sur l'écran le plus grand possible pour profiter au mieux du spectacle, et dans la salle la mieux équipée en son pour vivre à fond la musique. Cette playlist justement, elle risque d'entrer aisément dans vos lecteurs mp3. A peine sortie de la salle vous voudrez l'écouter de nouveau. En tout cas, ça fait plaisir d'avoir un si bon film en plein été. Le 19 juillet semble béni, Dunkerque de Christopher Nolan s'invite aussi à l'affiche. Belle semaine cinéma en perspective !