En ce moment, la mode reprend les codes des années 80 en refaisant vivre les associations de couleur vives et autres motifs très funky. On aime ressortir nos pin's et on est presque nostalgique de nos vieilles compilations sur cassette audio. Netflix vogue sur cette nostalgie d'une époque où le cinéma de Spielberg et de Carpenter, faisant aussi écho aux œuvres de Stephen King, faisait rêver, frissonner et surtout emmenait son spectateur dans une aventure extraordinaire. Stranger Things fait revivre tous leurs codes dans une création originale passionnante.

Les frères Duffer rendent un bel hommage aux films de leur enfance, à l'image de J. J. Abrams avec Super 8 ou de Jeff Nichols avec Midnight Special. A la base, ils voulaient raconter l'histoire de la disparition mystérieuse d'un enfant dans un contexte paranormal, tout en indégrant les aspects de la Guerre Froide avec des expérimentations secrètes du gouvernement américain. C'est au fil de la construction de leur projet qu'ils se sont dirigés vers ce style, jusqu'à l'intégrer dans un générique d'ouverture très simple mais absolument efficace pour entrer dans cet univers grâce au choix typographique, son traitement graphique en style néon et surtout la musique fascinante et hypnotisante de Kyle Dixon et Michael Stein.

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Les adolescents sont très attachants. Tout d'abord, les garçons joués par Finn Wolfhard, Gaten Matarazzo, Caleb McLaughlin et Noah Schnapp sont très attachant. Ils font bien évidemment penser aux Goonies dans leur vitalité et leur envie d'aventure, mais aussi on ressent très souvent de multiples clins d'œil à E.T. l'extraterreste. Puis il y a Millie Bobby Brown. Cette jeune fille est captivante, son regard très expressif. Elle joue une enfant utilisée pour ses étranges pouvoirs surnaturels par un groupe secret gouvernemental. Celle qui ne passe pas non plus inaperçue par sa remarquable performance est Winona Ryder. Elle est formidable en mère à bout, trop inquiète de la disparition de son fils, très énergique par sa détermination de le retrouver. 

Tout l'esprit des films des années 80 est parfaitement recréé. La liste est bien trop longue s'il fallait citer toutes les références. On peut cependant noter la référence aux Dents de la mer, puisque les voitures et uniformes de la police de la ville fictive de Hawkins, où se déroule l'action, sont les mêmes que ceux du film de Spielberg. E.T. est d'ailleurs souvent cité visuellement : les vélos, le chien qui ressent une présence étrange, la cabane derrière la maison, le repas tendu en famille, et même la perruque blonde que mettra Eleven... On retrouve les Goonies avec l'allure des enfants, Dustin sa casquette et ses cheveux frisés, Barbara aux cheveux courts et ses grandes lunettes... On retrouve un peu de Kubrick aussi lorsqu'on voit Joyce excédée un couteau à la main qui rappelle étrangement The Shining.  

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La seule déception de la série est peut-être le fait qu'il n'y ait que huit épisodes. On aime tellement les personnages, leurs aventures, qu'on voudrait passer plus de temps avec eux. Mais à vrai dire, le découpage est parfait. Il permet un bon suspense à chaque fin d'épisode qui appelle à regarder immédiatement la suite. La fin de la série donne quelques indices pour aussi s'attendre à les retrouver dans quelques mois pour une suite qu'on espère tout aussi passionnante. Affaire à suivre...