Prenez un saladier. Ajoutez-y, préalablement coupés en dés, de l'action et de la romance en arrosant d'un soupçon de science-fiction. Saupoudrez à votre guise de catastrophe. Mélangez le tout et servez ! Voici la recette de Passengers, réunissant Jennifer Lawrence et Chris Pratt dans un huit clôt spatial, au scénario prometteur mais au résultat mitigé.

Jim et Aurora se réveillent dans le vaisseau qui les emmène vers une autre Terre, à la recherche d'une nouvelle vie. Mais ils se rendent vite compte que quelque chose ne va pas puisqu'ils ont été sorti de leur sommeil artificiel 90 ans trop tôt. Ils vont devoir alors accepter leur sort et tenter de cohabiter dans l'immense paquebot spatial jusqu'à ce que des dysfonctionnements techniques viennent bousculer leur quotidien...

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Ce qui est indéniable, c'est la qualité des images, de l'Univers recréé et des décors, avec une 3D immersive bienvenue. Le design du vaisseau est assez complexe vue de l'extérieur mais très beau, avec un système de rotation qui permet de recréer une gravité artificielle. L'intérieur est très épuré et futuriste, et construit comme un paquebot de croisière. Du coup, on a une petite pensée pour Wall-e dans lequel le vaisseau de migration était construit sur une idée similaire. 

Du côté des références, on pense à pas mal d'autres films. Est-ce que ce sont de réelles inspirations, du hasard ou un clin d'œil à ces films, je n'ai pas pu vérifier. En tout cas voici toutes les autres références auxquelles j'ai pensé à regardant Passengers. Tout d'abord, il y a Robinson Crusoé, celui-ci paraît assez évident lorsque Jim (Chris Pratt) est tout d'abord seul à être réveillé. Puis il y a tout un tas de similarité avec des Disney : le personnage de Jennifer Lawrence s'appelle Aurora comme l'héroïne de La Belle au Bois Dormant (je vous épargne l'explication) ; on a droit au "tu as confiance en moi" lorsqu'Aladdin tente de séduire Jasmine ; on aperçoit durant une courte scène une rose sous verre comme dans La Belle et la Bête... Bref, on a tout de même l'impression de se retrouver dans un film produit par la firme de Mickey, et pourtant non, c'est un produit Sony...

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Ce n'est pas fini niveau références, Jim se rend régulièrement au bar du navire spatial, on pense alors à The Shining lorsque Jack va s'assoir au comptoir vide du bar de l'hôtel. A la découverte de la salle d'infirmerie on a une grosse pensée pour Le Cinquième Élément et son "tube" qui répare Leeloo à la fin du film. Enfin, et là c'est le plus évident, on est complètement dans le style de tous les films de survie se déroulant dans l'Espace, dont l'évident Gravity qui avait révolutionné le genre par son réalisme. Ici, on sent que ce film a aidé sur la conception d'une scène dans laquelle des débris peuvent être fatal...

Même si le duo Chris Pratt / Jennifer Lawrence fonctionne, on peine à être pleinement satisfait. La cause à un scénario qui n'a pas su vraiment mélanger deux styles : la romance et le film catastrophe. On sent trop le premier dans la première partie et le second dans la suivante. D'ailleurs, le moment où le film bascule dans l'action est à la fois long à arriver et trop prévisible. La première partie est d'ailleurs un peu longue. On comprend que les journées qui se répètent et se ressemblent doivent être montrées, mais on aurait pu passer un peu plus vite sachant qu'on sait très bien dès le début que le vaisseau a un problème et qu'à un moment ça va devenir le principal problème du film.

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La suite est tout aussi prévisible. La subtilité n'existe pas, les indices qu'on laisse au spectateur sont beaucoup trop évidents. On se laisse tout de même embarqué dans l'action qui devient parfois très amusante malgré elle. Au moins, la fin offre une bonne morale puisqu'on nous incite à plutôt mettre son énergie dans l'amélioration de son environnement pour s'y sentir bien plutôt que d'en chercher un meilleur ailleurs, qu'on n'est jamais sûr de trouver.

Passengers reste tout de même un bon divertissement. C'est le genre de film qu'on apprécie le dimanche soir en mode plateau-télé pour se vider la tête, ne pas avoir à trop réfléchir et se laisser porter par l'action.