Désormais, le mois de décembre aura son nouvel épisode de Star Wars chaque année. Après avoir relancé la franchise en 2015 avec Le réveil de la force, Disney propose cette année un prequel de la première trilogie, se situant entre les épisodes III et IV, avec le retour de Dark Vador sur grand écran. Rogue One est un Star Wars pas comme les autres : peu de sabres laser, mais une vraie guerre des étoiles.

Petit point sur l'histoire. Alors que toute la Galaxie est contrôlée par l'Empire, l'Alliance se sert de Jyn Erso (Felicity Jones) pour approcher le rebelle extrémiste Saw Gerrera (Forest Whitaker) afin d'obtenir des informations sur la nouvelle arme de destruction massive de leur ennemi. Cette arme n'est autre que l'Etoile de la mort et c'est le père de Jyn (Mads Mikkelsen) qui l'a conçu. Ce dernier arrive à lui transmettre un message lui dévoilant une faille dans sa création, ce qui apporte un brin d'espoir inattendu à la rébellion... Dans cet élan, l'unité "Rogue One" se crée et compte infiltrer l'Empire pour récupérer les plans de l'Etoile de la mort.

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Conçu comme un film parallèle à la saga, Rogue One permet à son réalisateur Gareth Edwards et à ses scénaristes Chris Weitz et Tony Gilroy quelques écarts. Ainsi, on se rend vite compte que les Jedis et leurs sabres laser ne sont pas forcément indispensables pour réussir un Star Wars, même si le concept de la Force est présent via le personnage de Chirrut Imwe (Donnie Yen). Ce film paraît même être l'un des plus guerriers de toute la saga. Les combats qui s'y déroulent sont d'une violence palpable et très bien orchestrés, à admirer en IMAX si on en a la possibilité. La mission d'infiltration se déroule dans une atmosphère tendue avec un petit côté d'improvisation bienvenu qui accentue la nervosité de chaque membre de l'unité fraîchement constituée. On ressent bien la domination de l'Empire, et même si on connaît les dégâts irréparables de l'Etoile de la mort en ayant vu les films précédents, on a l'impression de découvrir la puissance de cette arme pour la première fois.

Le retour de Dark Vador sur grand écran, surtout quand Kylo Ren n'a pas convaincu tout le monde dans Le réveil de la force, remet le côté obscur à sa place. On le voit peu, mais suffisamment pour imposer sa puissance, surtout dans la seule scène montrant un sabre laser, le sien, sans pitié. La noirceur de l'Empire est aussi très bien représentée par le Directeur Orson Krennic (Ben Medelsohn) qui veut absolument tenir tête à l'Amiral Tarkin, recréé numériquement de manière assez bluffante, puisque son interprète Peter Cushing est décédé en 1994. Cette technique de motion capture est parfaitement réalisée, mais cela pose pas mal de questions éthiques sur la suite de la saga, surtout suite au décès de Carrie Fisher.

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Rogue One est l'un des films les plus sombres de la saga, avec L'Empire contre-attaque. Le droïde K-2SO (Alan Tudyk) apporte un humour nécessaire, bien que différent de ce dont on nous a habitué puisqu'il est pince-sans-rire. Quelques moments plus légers viennent détendre l'atmosphère notamment grâce au duo entre le spirituel Chirrut Imwe et le guerrier assassin Baze Malbus (Jiang Wen) qui fonctionne bien grâce à leur complémentarité, mais aussi avec Bodhi (Riz Ahmed), le pilote déserteur, qui jubile de pouvoir se rebeller contre l'Empire.

Même si tout ceci est bien huilé, qu'on ne s'ennuit pas durant plus de deux heures de pure action, il y a tout de même quelques petites choses à relever. Le plus étonnant est l'exploitation de celui qu'on présente comme un extrémiste de la rébellion, un fou dangereux : Saw Gerrera. Alors qu'on s'attend à une confrontation laborieuse entre lui et les envoyés de l'Alliance, suite à tout le mystère qui est évoqué sur son personnage durant son introduction, ses simples retrouvailles avec Jyn lui font perdre tout son charisme dans une scène expédiée à la va vite et qui se déroule de manière un peu trop facile. Dommage qu'il n'y ait pas eu plus de place pour lui dans le montage final. On comprend qu'il faille faire des choix, mais on imagine un film encore plus sombre s'il avait été plus présent, et donc peut-être moins en phase avec Disney...

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Aussi, même si elle n'est que suggérée, on a l'impression qu'il faut obligatoirement une sorte de romance entre l'héroïne et son rebelle. Tels Leïa et Solo qui s'embrouillent pour mieux s'embrasser, ou Rey et Finn qui semblent aussi voués à finir ensemble, on a ici Jyn et le Capitaine Cassian Andor (Diego Luna) sur lesquels la caméra pose un œil qui insinue une certaine attirance entre eux. Ce n'est qu'un détail à vrai dire, mais ça ne colle pas trop avec la dureté et le sérieux de cette histoire centrée sur un acte rebelle d'une importance majeure pour les épisodes de la saga initiale.

Rogue One est un vrai film d'action, sombre et violent, qui sait trouver ses marques dans la grosse machine Star Wars, sans avoir besoin de Jedi. Surtout, il rassure suite à l'accueil mitigé de l'épisode VII. Son casting varié laisse de la place à chacun des personnages, même si on aurait aimé en savoir plus sur Saw Gerrera qui semblait avoir un passé chargé et plein de sens. Maintenant que la saga est relancée, la production tient un agenda chargé entre les suites et les spin-off, Star Wars arrivera t-il à garder ses fans en haleine chaque année, et surtout à apporter du vrai renouveau ?