Quatorze ans après la création du Palmashow, Grégoire Ludig et David Marsais tentent le format cinéma avec La folle histoire de Max et Léon. Soit près d'une heure trente d'humour très Very Bad Blagues pour une comédie à la française, aux influences de films d'aventures, toujours avec leur ami Jonathan Barré derrière la caméra.
 
On ne compte plus les films traitant de la Seconde guerre mondiale, à toutes les sauces, de la plus sérieuse et poignante reconstitution avec Il faut sauver le soldat Ryan à la plus potache avec On a retrouvé la 7ème compagnie. Même Mel Gibson offre sa propre vision d'un épisode précis dans Tu ne tueras point actuellement en salle. La folle histoire de Max et Léon s'amuse à rendre hommage à tous ces films, on peut rajouter La grande vadrouille et même Indiana Jones à une longue liste. Et pourtant, on n'est pas face à un énième remake, on n'a pas de sentiment de déjà vu, ce film est bien une création à part entière.

lafollehistoiredemaxetleon-03

Bizarrement, on a l'impression que les personnages que s'amusent à jouer Grégoire Ludig et David Marsais font écho à notre génération : ils ne sont pas engagés politiquement et aimeraient que les problèmes restent loin d'eux parce que tout ça les dépasse. En pleine occupation nazie, on imagine chaque français en bon résistant. Max et Léon s'en passeraient bien. Ils vivent à Mâcon et rêvent d'ouvrir leur propre bar en bon vivant. Quand tous les hommes sont appelés à s'engager dans l'armée, ils y vont par obligation et non par conviction. Ils n'ont pas tellement d'avis sur ce conflit mondial. 
 
Durant tout le film, ils ne prennent jamais parti alors qu'ils rencontrent toutes les figures qui ont fait cette guerre : le soldat convaincu par son engagement, les héros de la résistance, le juif à cacher, les collabos et les Nazis. Max et Léon veulent d'abord sauver leur peau à chaque situation qui les met en danger. Puis, c'est leur humanité, leur solidarité, comme un instinct, qui reviennent au galop, sans qu'ils ne s'en rendent vraiment compte. 

lafollehistoiredemaxetleon-02

Le duo est tel qu'on le connaît dans leurs sketches du Palmashow. On a le plaisir de retrouver leurs talents parodiques, notamment avec quelques scènes de publicités détournées en propagande nazie, mais aussi quelques passages musicaux comme ils savent si bien le faire et bien évidemment des situations plus rocambolesques les unes que les autres. On pourrait redouter que le montage mettent bout à bout une série de sketches, heureusement que ce n'est pas le cas. L'écriture permet des scènes bien rythmées et très souvent drôle. Ainsi, on ne s'arrête plus de rire lors d'une course poursuite épique dans un souk de Damas, et tout s'enchaîne parfaitement entre boutades bien placées, situations extravagantes et petits détails à découvrir en arrière plan.
 
Ce qui surprend aussi, c'est à quel point on arrive à nous faire rire de l'occupation nazie et son contexte. Quelques jeux de mots qui pourraient paraître comme douteux passent comme une lettre à la poste. Le duo se fait surtout plaisir lorsqu'il passe du "côté obscur", quand ils s'infiltrent dans la collaboration de Vichy où il faut même être attentif à des affiches de propagandes en arrière plan sur lesquelles ont peut découvrir des slogans un peu fous, ou bien, dans un camp, lorsqu'ils enfilent l'uniforme allemand avec un de leur compagnon certain de pouvoir s'enfuir avec eux...

lafollehistoiredemaxetleon-01

La seule chose qui titille un peu, c'est cette avalanche de guests : Kyan Khojandi, Florence Forresti, Baptiste Lecaplain, Kad Merad, Monsieur Poulpe... Ils ont de tous petits rôles, pour certains très drôle, mais à force on se demande qui va apparaître dans la scène suivante. Alors que dans un Astérix et Obélix : mission Cléopâtre, on a peut-être le double d'apparitions clin d'oeil, mais ça pollue moins la narration. En tout cas, jamais l'un d'eux ne vole la vedette au duo quasi omniprésent.
 
Bon timing pour cette sortie cinéma qui fait allègrement rire en ce début novembre maussade. La folle histoire de Max et Léon revient aux sources de la bonne comédie franchouillarde, en bon divertissement qui signe ici une prometteuse première aventure sur grand écran pour le duo du Palmashow.