Depuis quelques années, on se pose toujours la question de savoir si le nouveau Tim Burton vaut le coup. Il y a comme une nostalgie de l'époque Edward aux mains d'argent pour ma part avec son savant mélange de fantastique, de gothique, d'humour et d'émotions. Son dernier film qui m'a fait retrouver cette sensation était Frankenweenie je crois. Lorsque j'ai aperçu les premières affiches de Miss Peregrine et les enfants particuliers, puis le premier trailer avec cette fille qui vole, j'ai été intriguée...

Résumé : 
Jacob est bouleversé par la mort étrange de son grand-père. Tous les deux ont toujours été très proche. Il aimait lui raconter des histoires de monstres qu'il a combattu il y a longtemps, rêvant ainsi de folles aventures. Mais Jacob est un peu froussard, ses rêves n'étant restés enfermés que dans des livres et de vielles photos. Ses parents lui font suivre une thérapie pour réussir à tourner la page. Il persuade ainsi son père d'aller avec lui au Pays de Galles afin de retrouver l'orphelinat dans lequel Abe son grand-père a passé son enfance. Il espère comprendre ce qui a pu se passer là-bas il y tant d'année set peut-être rencontrer les enfants "particuliers"...

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L'univers de Tim Burton est là, l'adaptation du livre de Ransom Riggs s'y prête bien. Dès qu'on met les pieds au Pays de Galles, l'esprit fantastique s'installe, un poil gothique. Il n'y a pas à dire, quand on rencontre la fameuse Miss Peregrine et les enfants dont elle s'occupe, on a traversé le temps et le réel n'existe plus. Eva Green s'amuse en nourrisse aux yeux qui scrutent tout ce qui bouge et qui maîtrise le temps à la seconde près ! Et pourtant, elle qui parait être un pilier dans le titre n'est que secondaire. On aurait aimé la voir plus en action.

Le héros, c'est Jacob. Asa Butterfield, qu'on a déjà découvert dans Hugo Cabret, se met facilement dans la peau de son personnage. Au début pas très héroïque, le type d'adolescent dont Tim Burton aime raconter l'histoire, mal dans sa peau, sans amis et rêvant de monde fantastique, puis la force des choses fait qu'il va devoir dépasser ses limites. Celle qu'on ne peut pas louper à ses côtés c'est Emma, jouée par Ella Purnell. Parmi les enfants particuliers, elle est comme un ange plein de grâce, légère comme une plume, aux grands yeux expressifs. Les autres enfants sont tous aussi remarquables par leur mignonne bizarrerie, avec une préférence pour la petite à la force incroyable.

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On attend beaucoup de ces personnages dans cet univers étrange, et pourtant ça ne décolle jamais vraiment. Dès la mort du grand père, on sait qu'une menace approche, Jacob le ressent sans trop comprendre d'ailleurs. Alors on attend que ce grand méchant vienne bousculer la vie paisible de l'orphelinat. Cela arrive bien, mais pas avec l'intensité souhaitée. Jamais on ne les sent avoir vraiment peur. Très "British", Miss Peregrine garde la tête haute quand le malheur arrive et intériorise. C'est dommage, on aurait aimé un petit instant de vrai chaos, un moment où on n'est pas sûr de ce qu'il pourrait bien leur arriver. Tout se déroule un peu trop facilement jusqu'à une happy end un peu trop convenue.

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Le grand méchant c'est Samuel L. Jackson. Comme à son habitude il crève l'écran dans toutes ses scènes. Et c'est bien là que c'est dommage car il amuse plus qu'il ne terrifie malgré ses dents pointues et son regard glacial. Les créatures à ses côtés rappellent vaguement quelque chose en plus, comme un air de déjà vu. 

C'est un poil décevant car visuellement le film est prometteur mais il manque un élément crucial pour que ça fonctionne, c'est l'émotion ! Chaque personnage évolue de manière mécanique, et ce monde enchanté en devient banal. Miss Peregrine et les enfants particuliers reste tout de même un bon divertissement où l'on s'amuse à découvrir les particularités de ces enfants et à suivre leurs péripéties sans trop de surprises.