Bryan Cranston continue sa conquête du grand écran. Après avoir incarné le scénariste controversé Dalton Trumbo il y a quelques mois, il se met dans la peau d'un agent infiltré, Robert Mazur, tentant de démanteler un énorme réseau de drogue et de trafic d'argent, dont le grand chef n'est autre que Pablo Escobar. On se souvient tous de sa performance comme dealer d'un nouveau genre dans Breaking Bad, le voici maintenant dans l'autre camp.
 
Infiltrator est inspiré d'une histoire vraie se déroulant dans les années 80, en référence à l'autobiographie de l'agent fédéral Robert Mazur. Il a du infiltrer les cartels colombiens à l'époque gérés par Pablo Escobar, en se faisant passer pour un blanchisseur d'argent nommé Bob Musella. Le moindre détail compte pour obtenir la confiance de chaque personnalité visée, sa mission étant de faire tomber le maximum de têtes possible dans cette mafia impitoyable, et même une banque internationale.

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Ce n'est pas la première histoire d'infiltrés sur grand écran, inspiré d'un fait réel, le film ne subjugue pas. Bien que Bryan Cranston soit encore une fois impeccable et habité par son personnage, la tension attendue par le scénario n'est pas très palpable. On ressent un manque d'adrénaline, de folie par rapport au milieu que Robert Mazur fréquente. C'est bien tout le paradoxe du film. Puisque des personnages assez barrés pour être imprévisibles, on en a un paquet !
 
A commencer par celui que l'agent sort de prison pour devenir une sorte de garde du corps, Dominic, joué par Joseph Gilgun. Son rôle n'est pas clair, on espère de lui quelque chose qui n'arrivera finalement jamais. Puis, il y a le coéquipier à la gueule cassée, Emir Abreu qui semble être tout l'opposé de Mazur. C'est John Leguizamo qui a été choisi pour l'incarner et ça passe plutôt bien. Du côté des mafieux, c'est bien de Javier Ospina (Yul Vazquez) dont il faut le plus se méfier, tout est ambigu en lui, de son allure à son comportement. Enfin, il faut bien sûr mentionner la présence indispensable de Diane Kruger. Elle sera celle qui devra s'infiltrer aux côtés de Mazur, sauf que c'est sa toute première mission et on sent bien qu'il est très retissant à être épaulé par un "bleu" sur une affaire de cette envergure.

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Pourtant, c'est elle qui amène un peu de fraîcheur. Elle est la valeur sûre pour lui donner de la crédibilité, et maligne qui plus est. Tout comme lui, on va être à l'affut de ses moindres faits et gestes car un seul détail raté serait un indice pour le cartel et pourrait signer leur arrêt de mort. Et donc, par soucis de réel sûrement, pour une fois qu'Hollywood ne s'enflamme pas trop, on est presque déçu que les personnages ne se retrouvent pas plus souvent en danger.
 
Certes, Mazur doit être prudent, c'est bien sa principale qualité, mais cette prudence imprègne trop le film qui ne décolle jamais vraiment. Quand il frôle le danger, on ressent plus sa peur que le courage qu'il a cependant pour affronter tout ça. Sa maîtrise de la situation tellement parfaite balaye les quelques fois où le scénario le mène dans des coins obscurs. 

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Bryan Cranston a rencontré le vrai Robert Mazur pour se préparer à l'incarner à l'écran. Dans les faits réels, cette infiltration a duré deux ans, dans le film on a l'impression que cela dure seulement quelques mois. Le soucis de coller à la réalité a été respecté sur les décors, rien de trop voyant, seulement une immersion dans les années 80 très réaliste. Ainsi, on perd la notion du temps car on est sans cesse dans l'action. Mais comme il est dit plus haut, il manque quelques accrocs plus signifiants pour créer un rythme plus inégal qui mériterait d'animer un peu cette histoire. 
 
Encore du beau jeu d'acteur pour Bryan Cranston aussi bien entouré, mais l'histoire, elle, manque un peu de folie et de surprise pour vraiment porter le spectateur. Infiltrator reste un bon divertissement pour les amateurs du genre, mais sera vite oublié.