Deux ans après son premier long-métrage La fille du 14 juillet, Antonin Peretjatko réalise une nouvelle comédie burlesque, qui titille le surréalisme. A l'affiche de cette Loi de la jungle, on retrouve le délicieux duo Vincent Macaigne et Vimala Pons envoyé en mission dans la jungle guyanaise par Jean-Luc Bideau, aux côtés de Pascal Légitimus et Mathieu Amalric.

 

Petit résumé : 
Marc Châtaigne est envoyé en stage par le Ministère de la Norme en Guyane. Sa mission ? Contrôler la mise aux normes européennes de la future station de ski en intérieur d'Amazonie : Guyaneige. Arrivé tant bien que mal à destination, il doit faire équipe avec la jolie "Tarzan", jeune stagiaire au caractère bien trempé. Il va très rapidement découvrir que sa mission est bancale alors que les responsables de ce chantier foireux ont l'air bien déterminé à aller jusqu'au bout !

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Quand le film commence, on peut être un peu surpris. N'ayant pas vu le premier film d'Antonin Peretjatko, je me suis laissée porter par son univers bien particulier. Tout d'abord, l'aspect vintage avec un titrage années 60/70, dès les premières secondes on a l'impression d'assister à la projection d'une vieille comédie française. Puis, on se rend compte qu'on est bien dans les années 2000, mais dans une sorte de monde parallèle. Châtaigne (Vincent Macaigne) va décrocher un stage au curieux Ministère de la Norme. Rosio (Jean-Luc Bideau) lui présente alors sa mission qui semble absoluement farfelue, vouée à l'échec, mais est surtout un gaspillage économique assez incroyable.

 

J'ai eu la chance d'assister à une avant-première à la suite de laquelle le réalisateur et l'acteur principal ont joué le jeu des questions/réponses. Ainsi, les influences que je ressentais durant différentes scènes se sont confirmées. Cependant, Pertjatko n'a pas voulu copier ces films qui l'ont nourri plus jeune, c'est quelque chose qu'il a en lui et qu'il a su personnaliser. On ressent un savant mélange entre la Chèvre pour le côté mésaventure amazonienne avec son Pierre Richard à lui, un peu d'Y a t-il un pilote dans l'avion, du vieux burlesque à gags à répétition comme un Chaplin ou un Keaton, une jolie scène de bagare où on cogne et on casse tout comme un film à la mode Terence Hill et Bud Spencer. Côté contemporain, on peut penser à Quentin Dupieux pour le surréalisme de l'histoire à laquelle on croit pourtant facilement, mais La Loi de la jungle est moins extrême et moins épuré que Wrong par exemple.

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Cette histoire abracadabrante de piste de ski en Guyane, en vue d'y relancer le tourisme, fait rire à sa première évocation. Mais lorsque le réalisateur parle d'une histoire vraie qui l'a inspirée, on devient curieux. Dans le film, un pont reliant le territoire français au Brésil est mentionné, on croit à une nouvelle blague. Et bien non, ce pont existe et il est une abération européenne, un gaspillage d'argent. Ainsi, via sa comédie, Peretjatko dénonce gentiment quelques disfonctionnements administratifs, comme ces projets aux grands sous implicant ici le Qatar, mais surtout la joie de la vie de stagiaire.

 

Le duo Macaigne/Pons est très amusant. Lui est absloment en décalage par rapport à l'environnement dans lequel on l'envoie, un peu maladroit et prenant sa mission bien au sérieux. Elle, dont le surnom Tarzan définit bien le personnage, est une aventurière sûre d'elle, toujours la clope au bec quoi qu'il arrive. Par contre, elle est blasée par son stage qui touche bientôt à sa fin. Les gags à répétition cassent le rythme et apportent quelques longueur. Parfois, cela passe bien, parfois on s'en passerait bien. Mais dans son ensemble, l'humour est assez bien traité de différentes manières pour rendre le film hilarant. Et puis, chapeau pour ces deux acteurs qui ont réalisé toutes leurs cascades !

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La Loi de la jungle est une comédie inattendue qui est bienvenue pour égayer ce début d'été morose. Le film fait rire, franchement, au moins sourire les plus sceptiques, à savoir qu'il ne faut pas le regarder au premier degré. C'est toujours plaisant de retrouver le bon esprit des bonnes comédies de l'époque De Funès / Pierre Richard.

 

En salles le 15 juin.