Le nom de Dalton Trumbo ne doit pas parler à grand monde, pourtant ce scénariste de talent a marqué le cinéma américain. Le réalisateur Jay Roach se lance dans ce biopic politique en permettant à Bryan Cranston d'obtenir son premier grand rôle au cinéma. 

 

Petit résumé :
Dans le petit monde d'Hollywood, on ne voit pas du bon oeil qu'une partie des scénaristes soient de fervents militants aux idées fortement ancrées à gauche, surtout en période de guerre froide. Dalton Trumbo, l'un des plus talentueux, ainsi que neuf de ses collègues sont accusés d'être communistes, mais aucun n'en témoignera devant un tribunal. Les dix hommes sont alors placés sur une liste noire, Trumbo se retrouve en prison et il lui est impossible de continuer de travailler. A sa sortie de prison, il déménagera avec sa famille et trouvera des astuces pour continuer à gagner sa vie. Il n'abandonne pas pour autant ses idées et continue son combat dans l'ombre...

dalton-trumbo-image01

Même si le réalisateur est connu pour avoir déjà traité des sujets politiques, le biopic reste encore et toujours délicat à traiter. Soit on dévie un peu trop de la vraie vie pour avoir un meilleur effet cinématographique, soit, au contraire, on veut tellement coller à la réalité que le film a du mal à vraiment décoller. Ici, j'ai trouvé le film un poil long, mais j'étais fatiguée, et cela manquait un peu d'intensité pour vraiment me captiver. L'ensemble reste néanmoins très intéressant car il aborde un sujet rarement traité au cinéma avec la cause des scénaristes, et particulièrement l'engagement de Trumbo pour des idéaux communistes pouvant améliorer la vie des américains sans pour autant les priver de liberté et de démocratie. En pleine guerre froide, il est catégorisé comme quelqu'un de dangereux à cause de ses idées. Soit il se plie aux pressions du gouvernement, soit il est black-listé et pire encore.

 

Après Malcom, puis Breaking Bad, série dans laquelle Bryan Cranston a brillé plusieurs années sous les traits de l'innoubliable Walter White, l'acteur commence à réapparaître dans des seconds rôles au cinéma, comme dans Drive ou Argo. Avec Dalton Trumbo, il obtient son vrai premier grand rôle avec lequel il peut montrer la qualité de son jeu avec intensité, humour et justesse. Son personnage a le don de trouver les bons mots ce qui lui vaut une bonne dose de très bonnes répliques. Il est fascinant et jamais trop caricatural pour ennuyer le spectateur. Même en pleine réflexion devant sa machine à écrire, un verre à la main, sa cigarette qui fume, il dégage quelque chose d'intense.

dalton-trumbo-image02

Ceux qui sont plus caricaturaux par contre, ce sont les acteurs qui ont la difficile tâche d'incarner les légendes du cinéma que sont John Wayne et Kirk Douglas, respectivement joués par David James Elliott et Dean O'Gorman. Je n'ai aucune idée de comment ils se comportaient vraiment à l'époque, mais Wayne est le gros dur prétentieux et Douglas, aussi prétentieux à sa manière mais opportuniste. Le côté caricatural vient plus de la posture des acteurs, du physique, que de ce qu'on leur fait dire. Ce sont tout de même deux éléments importants qui ont eu une influence sur Trumbo, le premier de manière très négative et le second comme la lueur d'espoir tant espérée.

 

On comprend bien le soutient familial durant les années de prison, l'amour de sa femme et de ses enfants qui sont conscients d'avoir un père très engagé n'ayant pas forcément du temps à leur consacrer. Pourtant, quand il est remis en liberté, la tension qui s'installe dans sa famille aurait mérité d'être traitée un peu plus profondément. Trumbo devient insupportable, entre la tonne de travail qu'il se donne pour subvenir à leur besoin et son combat pour ses convictions politiques qu'il ne compte pas arrêter. 

 

Ce qu'il faut retenir de Dalton Trumbo est son incroyable ténacité, son talent indéniable finalement récompensé et surtout cette incroyable histoire des Dix d'Hollywood qui auront su tenir tête à la commission des activités anti-américaines. A voir pour le grand talent de Bryan Cranston, l'esthétique des années 50 et l'amour du cinéma.