Igor Gotesman met la barre très haut pour son premier long métrage : il l'a écrit, réalisé et il joue dedans ! Dans sa bande de Five, il crée un duo de choc en réunissant François Civil qui avait joué dans son précédent court-métrage et Pierre Niney avec qui il a collaboré sur sa shortcom Casting(s). C'est parti pour 1h42 de folie entre amis pour cette comédie bien dosée et bien rythmée.

 

Petit résumé : 
Timothée, Vadim, Julia, Samuel et Nestor ont un rêve depuis leur enfance, habiter en collocation. Cela tombe bien, Samuel, toujours très généreux avec ses potes, et qui profite de l'argent de son père, trouve enfin l'appartement idéal et leur propose de prendre à sa charge une bonne partie du loyer. Évidemment, ils signent ! Tout le monde s'installe dans la joie et la bonne humeur, malheureusement la roue tourne pour Samuel. Alors que son père pensait qu'il suivait des études de médecine depuis des années, il découvre que son fils est apprenti comédien. De colère, il lui coupe les vivres. Samuel est dans la tourmente, mais va devoir trouver une solution de peur de décevoir sa bande...

five-01

On choisit ses amis, mais on ne choisit pas sa famille. C'est un peu ce que vit Samuel par rapport à la réaction radicale de son père et à celle de ses amis quand ils apprendront qu'il n'a plus de moyens financiers. Ce film fait la part belle à tout ce qui définit l'amitié, à tout ce qu'on peut faire en son nom. Des amis d'enfance, c'est sacré, les liens qui se créent entre eux sont plus subtiles qu'entre frères et soeurs. La question est : jusqu'où peut-on aller en amitié ?

 

C'est après avoir été remarqué pour son court-métrage Five dans lequel apparaît déjà François Civil qu'Igor Gotesman a l'opportunité de réaliser son premier long. Entre temps, il croisera la route du talentueux Pierre Niney sur sa mini série pour Canal Plus. Son scénario sera finalement l'adaptation de son court ce qui lui permet d'aller au bout de ses idées déjà mises en place. Il recrute Idrissa Hanrot et Margot Bancilhon pour compléter sa bande. Cette histoire contient plein de petits éléments de sa propre vie, proche du personnage de Samuel, puisqu'il a dit non à des études classiques pour se tourner vers la comédie, il a fait des petits boulots comme voiturier, et il n'a pas hésité à mettre toutes ses économies dans la réalisation de son court-métrage. Pari risqué, mais pari gagnant, Five est une belle réussite !

five-02

Dans la bande d'amis, il y en a deux qui crèvent l'écran, qui portent le groupe. Ce sont Samuel et Tim, respectueusement et impeccablement interprétés par Pierre Niney et François Civil. Pierre Niney a une énergie de dingue, son personnage est extrêmement expressif. On a l'impression qu'il se lâche complètement après ses deux derniers rôles plus "sérieux" dans Yves Saint Laurent et Un homme idéal, sans jamais aller trop loin. Il arrive à passer de l'émotion dans l'attitude sans dire un mot à son extrême, en sautant partout et en criant, sans que cela ne paraisse faux ou surjoué. Il confirme encore une fois son immense talent par sa justesse d'interprétation.

 

De son côté François Civil joue l'opposé de Samuel avec Tim qui est le mec un peu lent de la bande, toujours à côté de la plaque, souvent un pétard à la main. Il est attachant parce qu'il semble encore un peu naïf dans sa tête pourtant il peut dire des choses obscène, mais ça ne choque pas quand sa sort de sa bouche, ça fait gentiment sourire. Avec Pierre Niney, ils créent un duo qui s'auto-nourrit. L'un emporte l'autre toujours plus haut, toujours plus loin et c'est ça qui fait que ça fonctionne si bien. Ils sont l'énergie du groupe par leur complémentarité si savamment dosée.

five-03

Les autres, ils existent aussi, mais ce sont les suiveurs, toujours fidèles. Igor Gotesman s'est donné le rôle du mec mesuré, frileux quand on ne suit plus les règles. Il est une sorte de conscience du groupe, il a besoin de peser le pour et le contre d'une situation. Le plus en retrait c'est Nestor joué par Idrissa Hanrot. A la base, il n'est pas acteur mais il correspondait au physique recherché pour son personnage, beau ténébreux qui ne parle pas beaucoup. Et enfin, il y a la fille de la bande avec Julia par la pétillante Margot Bancilhon. Son personnage est très bien écrit, car elle ne passe pas pour la fille qu'on a rajouté là pour avoir une présence féminine, ni pour le garçon manqué. Elle mixe à la fois le côté féminin et garçon manqué pour se fondre complètement dans le groupe de manière très naturelle, en étant la boule de feux qui peut se montrer très tendre.

 

Des comédies en France, on en a de toutes sortes. Avec Five, c'est une belle surprise pour un premier film, car souvent on a des déséquilibres entre la comédie pure aux gags plus ou moins potaches, les instants dramatiques et les histoires d'amour qui peuvent parfois trop l'emporter sur le reste, sans qu'on ne sache vraiment sur quel pied danser. Ici, tout est bien équilibré, on rit aux éclats, on sourit (parce qu'il faut reposer ses zygomatiques de temps en temps aussi), et on n'oublie pas le fond dramatique qui fait qu'on ne part pas non plus dans un délire sans fin. Ce film fait du bien, c'est frais, c'est naturel et plein d'énergie.