Le premier Rocky, c'était en 1977, moi je l'ai découvert à la télé. Stallone, c'était une figure incontournable de l'époque avec Schwarzenegger, une sorte de héros de mon enfance, qui parlait pas beaucoup mais qui savait taper. Quand je les vois revenir aujourd'hui, avec leur délire d'Expendables par exemple ça me fait sourire. Je ne les ai jamais vu comme de grands acteurs qui peuvent avoir des jeux différents et subtils mais plus comme des figures pop qui auront marqué les années 80-90 avec leurs gros muscles. Et puis, voilà Creed et un Stallone certes au visage figé mais qui sait faire passer des émotions.

 

Je ne me souviens pas grand chose de Rocky, à part que c'est un boxeur qui en veut, des séances d'entrainement à Philadelphie notamment sur les mythiques marches et la fameuse musique qui motiverait n'importe quel paresseux. J'avais même oublié son fameux adversaire Apollo Creed. Dans ce film, on suit le fils illégitime de Creed, Adonis, qui a eu la chance d'être sorti des foyers par sa belle-mère et qui peut maintenant prétendre à une vie sans problèmes. Sûrement fasciné par la grandeur de son père, il veut devenir boxeur professionnel et pour cela, il quitte Los Angeles pour Philadelphie où il va à la rencontre de Rocky Balboa qu'il espère convaincre de devenir son entraîneur. 

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Adonis a de la personnalité, ce n'est pas qu'un gamin qui veut cogner, il veut se connaître lui même et se faire un nom hors de l'ombre de son père. La boxe, il l'a dans le sang, il est doué, déterminé et c'est bien ce que Rocky a ressenti en lui après quelques réticences à reprendre du service. Adonis cherche aussi à connaître son père qui est mort avant sa naissance, Rocky devient comme un membre de sa famille et se prend d'affection pour le jeune boxeur. S'en suivent les séances d'entrainement et quelques moments plus intimes dans lesquels Stallone m'a un peu bluffé. On retrouve très vite l'esprit du Rocky original et la construction logique de l'histoire avec le premier combat qui donne sa légitimité à Adonis et le gros combat final.

 

Stallone est grand dans ce film. Il donne le relais à un jeune talent pour faire revivre l'âme de Rocky sûrement durant quelques années encore. Il rend hommage à son personnage du grand Rocky d'avant, avec un Rocky vieux et attendrissant mais qui continue à se battre, même si c'est plus sur un ring. Malgré sa difficulté de diction et son visage ravagé et presque figé par chirurgie ou piqûres ou les deux, ce qu'il dit est extrêmement touchant, et il arrive à faire passer énormément d'émotion seulement par son regard. Il m'aura donné les larmes aux yeux plusieurs fois. 

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Le jeune Michael B. Jordan fait oublier le flop du récent Les 4 fantastiques et se révèle dans Creed. Stallone lui fait presque de l'ombre, mais saura aussi être fort face à lui et l'épauler dans des moments difficiles. Sur le ring, il impose, il est puissant et fait vibrer. Je n'aime pas regarder la boxe, mais dans les films qui parlent de boxe, je vis complètement le combat et j'ai mal pour lui. Il m'a fait vibrer, son combat final m'a fait pleurer, mais ça c'est la magie du cinéma qui sait faire monter l'émotion et garder le suspense jusqu'au bout. Et puis, la musique de Rocky y est pour quelque chose. 

 

Oui, j'ai adoré et je n'ai pas mis quatre étoiles, parce que je réserve maintenant le sésame pour des films qui surprennent vraiment, qui me resteront en tête pour un moment. Creed est génial, mais ça reste une suite de Rocky, la structure ne surprend pas et on connait déjà toutes les astuces pour que ce film fonctionne. Donc chapeau au réalisateur et scénariste Ryan Coogler qui signe seulement son deuxième long métrage. J'attends le suivant annoncé pour 2018 et qui par le titre annonce du lourd : Black Panther. 
Quand j'étais petite si on m'avait dit que près de 20 ans plus tard Rocky me ferait chialer, je ne l'aurais pas cru...