Les huit Salopards, c'est du Tarantino qui fait du Tarantino, avec en plus du matériel de tournage et de la musique où on sent qu'il s'est surtout fait plaisir. Rien de bien innovent par rapport à ses sept autres films et ça fonctionne plutôt bien malgré une introduction un peu longuette.

 

Petit résumé :
L'action se situe quelques années après la guerre de Sécession, sur la route pour Red Rock très froide et enneigée. John Ruth doit y livrer sa prisonnière Daisy Dommergue. Sur son chemin, il accepte de faire monter dans sa calèche Marquis Warren puis Chris Mannix. A cause d'un violent blizzard, ils décident de faire un arrêt dans un refuge où ils trouverons les quatre autres salopards annoncés dans le titre. S'en suit un huit clos en deux parties majeures : la première qui fait la part belle aux dialogues, la seconde à l'action.

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Je tiens à souligner que j'ai eu la chance d'assister à une projection en Panavision Ultra 70, soit le format que Tarantino a voulu travailler, en faisant un gros travail pour retrouver tout ce matériel d'époque et lui redonner vie. On obtient une image au grain doux magnifique, avec ses légers défauts qui en font tout son charme, on sent que le projecteur et sa bobine sont derrière avec ce léger tremblement si spécifique. C'est tellement authentique qu'on a l'impression d'avoir voyagé dans le temps et de découvrir un western tout droit sorti des années 60, sur la musique cette fois-ci originale d'Ennio Morricone. Cependant, j'ai trouvé la musique moins transcendante que dans ses autres film, où on en a toujours une ou deux qui restent dans la tête. J'aurais aussi apprécié voir plus de paysages vu que le format de tournage s'y prétait. Je ne sais pas comment se passent les projections en numérique, ici on a eu droit au panneau d'ouverture et à l'entracte qui tombe à pic dans le déroulement de l'histoire.

 

Tarantino n'a pas pris énormément de risque à mon goût. Il nous sert un remix de tout ce qu'il a l'habitude de faire : chapitrage de ses scènes, dialogues dont lui seul a le secret d'écriture, personnages un peu bargeots et déterminés, huit clos à la Reservoir Dogs, scènes sanglantes bien gore et bien évidemment Samuel L. Jackson dont nous non plus on ne pourrait se passer. En bonus, vous pouvez même vous amuser à chercher un lien de parenté entre un des huit salopards et un personnage d'Inglorious Basterds ! Mais bon, même si l'innovation n'est pas là, le résultat est loin d'être mauvais. L'attention que je commençais à perdre durant la première partie s'est évaporée dès les premières minutes de la seconde qui est haletante et jouissive jusqu'au générique de fin.

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incroyablement interprété par Walton Goggins qui dévoile ici tout son talent. On a l'impression qu'il sort d'un film des frères Coen, il a l'air un peu débile, un peu arnaqueur, tellement que certains mettent en doute son tout nouveau poste de Shérif. Plus on avance dans l'histoire, plus il s'affirme, plus il se dévoile et la fin en devient grandiose. Belle mention à la performence de Jennifer Jason Leigh aussi avec son personnage de folle dingue effrayante et dure à cuire.

 

Les huit Salopards, c'est finalement un film nostalgique du grain sur l'image et du western avec ses tueurs à gage et de bandits sans pitié, c'est du 100% Tarantino avec des répliques truffées d'anecdotes sans fin et du gore faisant gicler des litres de sang, soit trois heures qu'on ne voit (presque) pas passer.