C'est assez surprenant que j'aille voir ce genre de film, je ne suis absolument pas passionnée par l'univers de la finance, ni des banques, ni de la bourse. Ça parle beaucoup, avec des termes que mon cerveau refuse d'assimiler et je suis généralement perdue au bout de quelques minutes. Ici, j'ai été agréablement surprise, je n'ai pas décroché tout au long des 2h10 du film. Et ce n'est pas seulement explicable par la présence de quatre grands acteurs qui se partagent l'affiche : Christian Bale, Steve Carell, Ryan Gosling et Brad Pitt.

 

La réalisation est dynamique, entre un bon docu-fiction et un Ocean Eleven. Adam McKay signe ici son premier film "sérieux", cela explique peut-être le fait qu'il soit abordable pour le grand public, l'humour présent ne décridibilise en rien l'histoire mais son traitement permet de bien intégrer tout le charabia de la finance. Mieux, il l'explique. J'ai vraiment apprécié ses interventions en aparté qui, par une comparaison imagée, éclairent le spectateur rapidement, même au milieu d'une conversation animée. Les plans caméra à l'épaule donnent une sensation de mouvement permanent, le point n'est pas toujours forcément bien fait, ainsi la construction de l'image insiste sur l'état d'urgence de la situation, la crise qui s'annonce, l'état des personnages qui sont entre excitation et angoisse sur un avenir qui s'annonce catastrophique. Pourtant par challenge, audace, avarice, au choix, chaque personnage de ce film choral pourraient s'en mettre plein les poches. Et nous, spectateurs, même si nous connaissons plus ou moins la fin puisque c'est inspiré d'une histoire vraie, nous sommes tenus par un suspense permanent.

 

La crise de 2008, on en a entendu parler, ça a été un énorme scandale, et on essuie encore les pots cassés. Ce film, en plus de montrer comment elle est arrivée, comment un génie de la finance l'a anticipé et a fait un pari fou dessus, nous met sous le nez toutes les raisons de nous énerver à ce propos. On est tout autant outré par les arnaques que le personnage de Steve Carell, à l'image du personnage de Ryan Gosling on est excité par de grosses transactions comme un pari fou sur un tapis de casino, et on se délecte de voir Christian Bale en mathématicien autiste, et Brad Pitt en bobo zen mentor d'un duo de jeunes loups.

 

A la sortie de la salle, vous détesterez encore plus votre banque et vous vous méfierez peut-être de leurs différentes propositions de placement à l'avenir. Et puis, c'est une bonne alternative aux éternels films de Noël. Vous pourrez vous délecter de bonnes répliques, de looks boostés en moumoutes et auto-bronzant et d'une bonne B.O. bien rythmée.