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Robert Zemeckis revient sur les écrans au moment des 30 ans de son succès Retour vers le futur avec le biopic du français Philippe Petit, funambule qui rêve en grand. Un spectacle à voir en 3D pour plus de vertige.

 

Philippe Petit (Joseph Gordon Levitt) a découvert l'art du cirque, ou plus précisément des funambules, en se faufilant sous une tente lors d'un spectacle quand il était enfant. Il s'entraine alors de son côté jusqu'à rencontrer Papa Rudy (Ben Kingsley) qui lui donnera de précieux conseils. Il croise Annie (Charlotte Le Bon) au détour d'une rue et elle deviendra sa compagne durant quelques années, et surtout sa première complice. Il vit pour son art et découvre dans un magazine un projet grandiose : la construction des tours jumelles à New York. Il rêve alors de passer de l'une à l'autre depuis leurs sommets sur une simple corde...

 

J'ai découvert que Joseph Gordon Levitt parlait un bon français lors de son passage au Grand Journal, en compagnie du réalisateur et de Clément Sibony qui joue son ami photographe. J'ai été curieuse de voir ce que ça donne dans le film. Quand il parle anglais, il prend un bon gros accent français et là ça marche plutôt bien. Mais l'inverse est bancal. Quand il parle français, même s'il a une bonne diction, quand on est un public francophone, on a du mal à y croire, surtout quand il dialogue avec ses parents qui ont un accent bien franchouillard. D'autres détails m'ont gênés, comme la perruque trop apparente ou des lentilles bleues qui ne font pas naturelles, pour tenter de ressembler physiquement au vrai Philippe Petit. Du coup, j'avais parfois l'impression qu'il en faisait trop, mais le personnage a l'air assez exubérant à la base. Et je me suis donc demandé pendant tout le film pourquoi ne pas avoir pris un acteur français ou francophone pour le premier rôle, quand ça ne dérange pas pour les seconds rôles ? Une histoire de producteurs sûrement...

 

Le problème de la langue a aussi joué sur les dialogues. Très vite, Philippe Petit demande à son entourage de s'exprimer exclusivement en anglais pour la préparation de son voyage aux États-Unis. Au début, le stratagème est un peu redondant, jusqu'à ce que tous les personnages ne parlent exclusivement qu'en anglais, ou presque.

 

L'histoire est assez banale, dès le début du film on sait qu'il va faire la traversée dans le vide, c'est un biopic, on sait qu'il n'a pas eu d'accident, donc il y a très peu de suspense. Au début, c'est assez long pour que son plan s'instale. Pour passer le temps, on voit son entraînement, sa folie qui s'amplifie et surtout que le personnage a un sacré caractère. L'histoire est ponctuée par le récit de J. Gordon Levitt, près de la flamme de la Statue de la Liberté, ce qui donne un effet kitsch à souhait. Mis à part le joli hommage à ces tours mythiques détruites en 2011, c'est le spectacle en 3D qui vaut le coup, bien que lors de la traversée finale on voit parfois la modélisation du personnage sur le fil. La sensation de vertige est là, on ressent l'impressionnante hauteur et l'exploit qu'il a accompli. La durée de la traversée, puisqu'il fait des aller-retour face aux policiers désemparés, est ressentie comme longue et stressante, on a presque l'impression de flotter près de lui à se demander s'il va bien descendre de son fil un jour.

 

Loin d'être aussi émouvant que Forrest Gump ou aussi drôle que Retour vers le futur, Zemeckis livre un film sans surprise, d'un homme qui fera tout pour réaliser son rêve. Un bon divertissement pour un dimanche pluvieux.